Alors que les opérations militaires israéliennes se poursuivent sur le territoire libanais, le front diplomatique et économique connaît un nouveau développement. Les autorités israéliennes préparent la remise en cause officielle d’un texte bilatéral signé il y a deux ans.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le ministre israélien de l’Énergie, Eli Cohen, a annoncé la volonté de son gouvernement d’annuler l’accord gazier maritime conclu avec le Liban. Lors d’une intervention sur les ondes de la radio de l’armée israélienne, le ministre a précisé que la révocation de ce dossier serait prochainement inscrite à l’ordre du jour du cabinet gouvernemental.
Eli Cohen a justifié cette démarche en qualifiant le document d’« accord de capitulation ». Le responsable politique israélien fustige régulièrement ce compromis, le décrivant comme un « scandale » et une « erreur » imputables à la coalition gouvernementale précédente, alors dirigée par Naftali Bennett et Yair Lapid.
Ce traité, officiellement paraphé le 27 octobre 2022, est l’aboutissement de près de deux années de négociations indirectes menées sous la médiation des États-Unis. Il visait à délimiter une zone maritime disputée de 860 kilomètres carrés en Méditerranée, où les deux pays revendiquaient des droits sur le plateau continental.
Avant cette signature, la partie libanaise soutenait que la zone contestée s’étendait sur 2 290 kilomètres carrés, tandis qu’Israël affirmait que trois des cinq blocs d’exploration libanais empiétaient sur ses eaux. Les pourparlers s’étaient accélérés le 5 juin 2022, consécutivement à l’annonce par Israël de l’achèvement de ses opérations d’exploration et d’extraction dans le champ gazier de Karish.