En séjour à Brazzaville dans le cadre des assemblées de la Banque africaine de développement (BAD), Abdourahmane Sarr a réagi à l’élection d’Ousmane Sonko à la tête de l’Assemblée nationale. Le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération y voit un moment politique qui remet au premier plan la question de la solidité des institutions sénégalaises.
Le ministre a estimé que cette élection rappelle la nécessité d’avoir des institutions « fortes » et « équilibrées », orientées vers le service du peuple. Il a aussi mis en avant le rôle de contrôle de l’Assemblée nationale, c’est-à-dire sa mission de suivi de l’action gouvernementale, en jugeant qu’un Parlement pleinement engagé dans cette fonction, sans blocage, reste un élément central de la souveraineté et de l’intérêt national.
Dans ce récit publié par exclusif, Abdourahmane Sarr a replacé sa réaction dans le contexte de la Journée de l’Afrique célébrée à Brazzaville, qu’il présente comme une ville de mémoire panafricaine. Depuis la capitale congolaise, il a rappelé que le continent est encore engagé, selon ses termes, dans la conquête de sa souveraineté économique, tandis que Dakar incarnerait une démocratie africaine appelée à consolider ses acquis institutionnels.
Le nouveau positionnement d’Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale, face à un exécutif dirigé par un ancien camarade de parti, est présenté par le ministre comme une configuration institutionnelle particulière. Pour lui, cette situation peut nourrir la vitalité démocratique du pays, à condition que l’équilibre des pouvoirs et la qualité du débat entre institutions soient préservés.
Cette séquence intervient alors que la stabilité institutionnelle occupe déjà une place importante dans les prises de parole autour du retour de Sonko à l’Assemblée. Le 26 mai 2026, Ousmane Sonko a déclaré qu’il n’utiliserait pas cette responsabilité pour « organiser le chaos institutionnel » et qu’il écartait toute logique de revanche politique. La veille, Cheikh Issa Sall avait, de son côté, mis en garde contre ce qu’il qualifiait de « forçage institutionnel » autour de cette même question.