Abdou Fall met en garde contre une crise institutionnelle et appelle à des consultations larges

La scène politique sénégalaise est en pleine recomposition. Entre les tensions au sommet de l’État, la création de nouveaux partis et les prochaines échéances électorales, les équilibres institutionnels sont mis à rude épreuve.

Dans un entretien avec L’Observateur, relayé par igfm.sn et Xalima, l’ancien ministre d’État Abdou Fall livre un diagnostic sévère et appelle à préserver les institutions.

Abdou Fall estime que le pays traverse une phase de recomposition qui pourrait transformer durablement le jeu politique. Il pointe du doigt la crise actuelle qui touche à l’architecture du pouvoir.

Selon lui, le président Bassirou Diomaye Faye se retrouve confronté à une opposition multidimensionnelle : l’ancienne majorité, désormais en rupture avec lui, et le Front pour la défense de la République organisé au Parlement. L’ancien ministre juge qu’un face-à-face prolongé entre l’exécutif et le législatif serait difficilement soutenable et pourrait provoquer des blocages.

Face à cette situation, il distingue deux possibilités. Soit un des camps renonce à la confrontation malgré les ambitions présidentielles affichées pour 2029. Soit le chef de l’État parvient, avec de nouveaux alliés, à reconstruire une majorité parlementaire stable.

L’alerte d’Abdou Fall sur une crise institutionnelle intervient alors que le Sénégal traverse une période de tensions exacerbées. L’ancien ministre avertit que sans solution politique, le pays pourrait évoluer vers une véritable crise institutionnelle. Il plaide pour une large concertation entre les acteurs.

Il met en garde contre toute transformation radicale de l’architecture institutionnelle imposée par une majorité de circonstance. Une modification profonde de la Constitution allant vers un régime parlementaire radical nécessiterait, selon lui, un large consensus national incluant le président, l’opposition et les forces vives.

Concernant l’opposition, il l’invite à ne pas se limiter à un affrontement entre anciens et nouveaux détenteurs du pouvoir, mais à se reconstruire comme une force autonome avec un projet alternatif crédible. Les difficultés économiques et sociales, les affaires qui affectent l’image du pouvoir et les tensions internes offrent, selon lui, des opportunités à condition d’un travail de terrain sérieux.

La création de « Kiiraay – Les Patriotes républicains » participe, selon lui, à la recomposition en cours. Il rappelle toutefois que construire une grande force militante est plus difficile quand on exerce le pouvoir.

Sur la décision du président Diomaye Faye de se doter de son propre parti, Abdou Fall relève les divergences de style et d’orientation avec son ancien Premier ministre Ousmane Sonko, tout en jugeant logique qu’un président cherche un instrument politique propre.

Pour les prochaines élections territoriales, il plaide pour des consultations transparentes et inclusives, soulignant que les règles électorales sont directement liées à la confiance démocratique.

Le limogeage du Premier ministre Ousmane Sonko, le 22 mai 2026, a ouvert une crise politique aiguë. Sonko a depuis révélé l’existence d’un accord qu’il affirme avoir scellé avec le chef de l’État à la prison du Cap Manuel, par lequel Diomaye Faye se serait engagé à ne pas se présenter en 2029.

Déjà en mai 2026, Abdou Fall avait adressé une lettre ouverte au président pour appeler à un consensus avant les consultations nationales. Le politologue Mamadou Sy Albert a récemment écarté l’éventualité d’une dissolution de l’Assemblée, la jugeant politiquement risquée.

Dans une lettre ouverte de mai 2026, Abdou Fall avait déjà appelé à une refondation du dialogue politique.

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4 commentaires

  1. Il n’y a aucune crise institutionnelle. Abdou Fall veut se rappeler au bon souvenir de Diomaye pour un poste de PCA!

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