Alors que l’hivernage s’installe et que le Magal de Touba approche, les chantiers de lutte contre les inondations se multiplient dans la ville sainte. Une course contre la montre est engagée pour éviter les scénarios catastrophiques des années précédentes.
À Nguiranene, un vaste bassin de rétention est en construction, tandis qu’à Darou Rahmane, les ouvriers s’activent pour poser des canalisations, selon un reportage d’EnQuête+. Les embouteillages et les déviations rendent la circulation difficile, et plusieurs commerces sont devenus inaccessibles. « Nous mettons tout en œuvre pour livrer avant le Magal », confie un ouvrier anonyme.
Les riverains oscillent entre espoir et inquiétude. Absa Faye, une habitante, craint que les travaux ne s’achèvent pas : « Je serai surprise si ce chantier se termine. » Fallou Ndiaye, conducteur de Jakarta, redoute de revivre les inondations de l’an dernier qui avaient isolé son quartier de Darou Rahmane.
Sur d’autres sites (Mboussobé, Kawsara Fall, Feto), l’activité est tout aussi intense. Seul le chantier de Guédé, derrière la grande mosquée, est presque terminé, mais la route adjacente est devenue presque impraticable. Un chauffeur de taxi s’agace : « Après ce chantier, il faudra réparer cette route. » Autour de la grande mosquée, plusieurs chantiers sont à l’abandon, sans ouvriers, ce qui accentue l’angoisse des talibés face à la remontée de la nappe phréatique.
En mars dernier, l’ancien maire de Mbacké, Cheikh Abdou Mbacké Ndao, avait proposé des pistes de solutions, appelant à une collaboration entre autorités locales, diaspora et talibés mourides pour régler durablement les inondations à Touba.
Le Magal de Touba est prévu pour le début du mois d’août, soit dans moins d’un mois.
