À Ourossogui, la grève suspend consultations et hospitalisations, seules les urgences restent assurées

À l’hôpital de Ourossogui, la grève de 72 heures lancée ce mercredi par le Front syndical pour la défense du travail (FSDT) a suspendu les consultations, les hospitalisations et les opérations programmées. Seules les urgences sont prises en charge.

Le docteur Babacar Faye, secrétaire général de la section locale du Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES), a indiqué que le mouvement était largement suivi dans l’établissement, lors d’un entretien avec l’APS.

Le responsable syndical a également décrit les difficultés de l’offre de soins dans la région de Matam : manque de personnel spécialisé et faiblesse du plateau technique. Selon lui, la région ne compte ni neurologue ni neurochirurgien, et il est le seul chirurgien pédiatre de l’hôpital de Ourossogui.

La contestation porte aussi sur l’application des accords conclus avec l’État en 2022. En septembre, alors que le SAMES observait une grève nationale de 48 heures, sa section de Matam réclamait déjà leur mise en œuvre et dénonçait un « malaise profond » dans le système de santé. Les revendications actuelles s’inscrivent ainsi dans un conflit qui dépasse les difficultés immédiates des établissements.

À Ourossogui, ces tensions se déploient dans un hôpital installé dans des infrastructures anciennes, datant des années 1970. Un nouvel établissement est en construction. Le docteur Faye a aussi relevé l’absence de scanners dans plusieurs structures sanitaires de la région, dont l’hôpital de Matam.

Le SAMES demande une amélioration des ressources humaines et des moyens techniques. Le mouvement du FSDT concerne aussi l’éducation, l’enseignement supérieur et l’électricité, à quelques jours des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, prévus du 31 octobre au 13 novembre.

Le ministre de la Santé, Ibrahima Sy, a appelé les acteurs à maintenir la continuité des soins, en particulier aux urgences. Il a indiqué que l’extension de l’indemnité de logement à 7 365 agents contractuels du ministère et des établissements publics de santé représente un coût estimé à 8,8 milliards de francs CFA. La Direction générale du Budget examine les possibilités de financement, notamment dans le cadre des lois de finances de 2026 et 2027.

Ibrahima Sy a également rappelé les mesures de reclassement des techniciens supérieurs de santé, sur la base du décret adopté le 27 janvier 2026.

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