À Nioro du Rip, l’hépatite B frôle 10 % : le district réclame plus de moyens

À Nioro du Rip, près d’un habitant sur dix est concerné par l’hépatite B, selon le médecin-chef du district sanitaire, Dr Ousseynou Cissé. Cette prévalence rejoint la fourchette nationale : entre 5,7 % et 10 % des Sénégalais sont porteurs chroniques du virus. À l’échelle du pays, 85 % de la population présente des marqueurs d’un contact antérieur avec le virus.

La maladie peut rester silencieuse pendant des années et se transmet plus facilement que le VIH, ce qui rend le dépistage et le suivi d’autant plus importants. Les niveaux les plus élevés concernent les personnes nées avant la vaccination systématique contre l’hépatite B à la naissance. Chez les jeunes générations vaccinées tôt, la tendance est à la baisse.

Mais le diagnostic et le suivi restent limités par le manque d’équipements. Les examens de charge virale ne sont pas disponibles dans le département et les structures ne disposent pas de FibroScan. Le médecin-chef signale aussi des difficultés récurrentes d’approvisionnement en Ténofovir, un antiviral utilisé dans la prise en charge. Le Sénégal s’est fixé l’objectif d’éliminer les hépatites virales B et C d’ici 2030 ; EMedia rapporte l’appel du Dr Cissé à renforcer le plateau technique et à rapprocher le diagnostic et les soins des postes de santé ruraux.

La frontière avec la Gambie conduit Dr Cissé à plaider pour une coordination entre les programmes de santé des deux pays, avec des interventions harmonisées de part et d’autre.

Le reportage est signé Sékou Diallo pour Emedia Invest à Kaolack.

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