À Dionewar, le reboisement et la mangrove mobilisent les habitants

À Dionewar, la beauté de la mangrove et des cocotiers cohabite avec un littoral qui recule. Sur cette île du delta du Saloum, dans la région de Fatick, la mer s’est rapprochée des habitations et des champs à une vitesse qui bouleverse le quotidien des habitants.

L’accès à l’île se fait par la mer, depuis Djiffer. À l’arrivée, les palmiers, les eaux bordées de mangrove et les habitations apparaissent sur une bande de terre étroite. Le campement de Lamine Ndiaye, situé à environ 200 mètres de la mer en 2005, n’en est plus séparé aujourd’hui que par une vingtaine de mètres, selon lesoleil. En une vingtaine d’années, la mer a ainsi avancé d’environ 180 mètres vers les habitations et les terres agricoles.

Sur le rivage, des arbres sont tombés et certains ont été arrachés par les eaux. Les restes d’une maison effondrée au début de l’année 2026 témoignent aussi du recul de la côte. La brèche ouverte en 1987 entre Dionewar et la pointe de Sangomar s’est élargie, exposant davantage l’île aux vagues de l’Atlantique.

La pression touche également le cimetière situé face à la mer. Des pneus et du béton y ont été utilisés pour ralentir la progression de l’eau. Des piquets en bois ont aussi été installés sur la plage afin de retenir le sable.

Des actions locales pour retenir le sable

La rupture de la flèche de Sangomar à la fin des années 1980 a modifié la dynamique du littoral. Depuis, certaines zones de l’île ont perdu des arbres, de la végétation et des terres agricoles. La salinisation réduit également les possibilités de cultiver comme auparavant.

La mangrove constitue l’un des remparts naturels de ces espaces. Pourtant, elle disparaît par endroits, selon le lieutenant Mbacké Sy, adjoint au conservateur de l’aire marine protégée de Sangomar. Des campagnes de reboisement sont menées pour restaurer les secteurs dégradés.

À Dionewar, le reboisement associe des habitants qui plantent, nettoient et surveillent les zones exposées. Des dispositifs artisanaux sont également posés pour retenir le sable et ralentir l’érosion côtière. Ces initiatives interviennent alors que la mer menace les habitations, les terres et les activités liées à la pêche.

Le sergent Cheikh Guedj Sène, chef du poste de Dionewar de l’aire marine protégée de Sangomar, explique que des endroits autrefois éloignés de plusieurs centaines de mètres du rivage n’en sont plus séparés que par quelques dizaines de mètres. Il décrit un phénomène progressif, mais dont les dégâts sont visibles.

Le lieutenant Mbacké Sy estime pour sa part que certaines portions du littoral perdent environ 12 mètres de plage chaque année. Il relie cette avancée de l’eau à l’élévation du niveau de la mer, qui détruit des habitats et expose les populations.

Le capitaine Cheikh Ahmadou Diallo, conservateur de l’aire marine protégée de Sangomar, cite parmi les facteurs en cause les effets du changement climatique, l’évolution des conditions météorologiques, l’extraction du sable marin et certains aménagements construits sur le littoral.

Malgré cette dégradation, les pirogues continuent de circuler et la pêche reste une activité essentielle. La mangrove demeure présente dans le delta, tandis que les opérations de plantation et les protections installées sur la plage se poursuivent.

L’aire marine protégée de Sangomar, créée en 2014, couvre plus de 87.000 hectares.

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