À Dionewar, une commune du delta du Saloum (région de Fatick), le changement climatique se manifeste par une érosion côtière accélérée et une salinisation des terres agricoles. L’exploitation du gisement pétrolier de Sangomar, situé au large, est accusée par les habitants d’aggraver la dégradation de l’environnement.
Lamine Ndiaye, écogarde et conseiller municipal, observe avec inquiétude la progression de la mer. « En 2005, mon campement se trouvait à environ 200 mètres de la mer. Aujourd’hui, une vingtaine de mètres le séparent des eaux », témoigne-t-il, cité par l’APS. Il ajoute qu’en une vingtaine d’années, la mer a avancé d’environ 180 mètres vers les habitations et les champs.
La brèche ouverte en 1987 entre Dionewar et la pointe de Sangomar, autrefois accessible à pied, s’est élargie, exposant l’île aux vagues de l’Atlantique. Les terres cultivables, jadis fertiles en mil et riz, sont devenues trop salées pour l’agriculture. « Il n’y a plus de bonnes récoltes », confie Djalika Sarr, transformatrice de produits de pêche.
La raréfaction des ressources halieutiques frappe aussi l’économie locale. Sur le quai de Djifer, l’activité reste intense, mais les pêcheurs peinent à trouver du poisson. Une odeur suffocante de poisson pourri s’échappe des lieux de transformation, signe d’une production en baisse.
Face à cette situation, d’autres communes côtières sénégalaises tentent de s’adapter. En novembre 2025, Joal-Fadiouth a lancé son Plan Climat pour devenir un modèle de transition écologique, visant à renforcer la résilience face à l’érosion.
