Une vaste nappe d’hydrocarbures s’étendant sur plusieurs centaines de kilomètres menace actuellement les côtes mexicaines. Alors que les conséquences environnementales font l’objet d’évaluations contradictoires, les autorités maritimes ont récemment documenté la dynamique de cette fuite continue.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le déversement couvre désormais une superficie de plus de 600 kilomètres et a atteint sept réserves naturelles. Le secrétaire à la Marine, l’amiral Raymundo Morales, a présenté un point de situation basé sur des images satellitaires et des inspections physiques, confirmant que la fuite reste active.
Ces investigations ont permis d’identifier trois sources distinctes à l’origine de la catastrophe. La première provient d’un navire non identifié amarré au large de la ville portuaire de Coatzacoalcos, dans l’État de Veracruz. Les deux autres sont des émanations qualifiées de « naturelles » : un site géologique situé à 8 kilomètres du port, localement appelé « chapopotera », et une autre zone de suintement dans la baie de Campeche. L’amiral Morales a précisé que le navire impliqué n’a pas encore été formellement identifié, treize bâtiments présents dans la zone n’ayant pas été inspectés début mars. Concernant les sources géologiques, bien que leur émission soit constante, un flux de contaminants inhabituellement élevé a été enregistré le mois dernier.
L’impact écologique de ce déversement concentre l’attention des observateurs. Si les autorités avaient initialement écarté l’hypothèse de dégâts environnementaux sévères, l’organisation internationale Oceana a documenté une réalité différente sur le terrain. Des rapports émanant des communautés locales font état de la mort de tortues marines, d’un lamantin et de plusieurs espèces de poissons, ainsi que de dommages sur environ 17 récifs. Les autorités environnementales mexicaines ont par la suite reconnu qu’au moins six espèces avaient été contaminées.
Ce contexte environnemental s’accompagne d’un drame survenu en marge des infrastructures pétrolières. Le 17 mars, dans la ville côtière de Puerto Ceiba, des eaux chargées d’hydrocarbures ont débordé sur une route à proximité de la raffinerie Olmeca, propriété de l’entreprise publique Pemex. Une explosion s’est produite au passage d’un véhicule, entraînant la mort de cinq personnes. Cet incident suscite également l’inquiétude des pêcheurs locaux quant à la viabilité des huîtres de la lagune de Mecoacan.
Face à la succession de ces événements, Greenpeace Mexique a dénoncé l’approche des autorités étatiques. L’organisation estime que le golfe du Mexique est traité comme une zone sacrifiée au profit de l’industrie pétrolière, exigeant la mise en place de protocoles immédiats pour réparer les écosystèmes marins et côtiers impactés.