Le vote des réformes du Code du travail et du Code de la sécurité sociale ne met pas fin à la contestation syndicale. Dans un entretien, Mody Guiro, secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS), dénonce un « passage en force » et annonce la poursuite de la mobilisation. Et le syndicaliste d’avertir : « Ce sera une grève générale de 72 heures »
Sur le CDD, le syndicaliste maintient son opposition à la durée maximale de quatre ans retenue dans le nouveau texte. Pour lui, la durée doit être limitée à deux ans, renouvellement compris. « Pour nous, c’est deux ans, pas plus », martèle Mody Guiro, qui estime que la réforme va à l’encontre des revendications portées par les organisations syndicales.
La contestation porte également sur le Code de la sécurité sociale. Mody Guiro dénonce notamment la suppression du collège des représentants, la réduction de la taille du Conseil d’administration et la limitation de ses prérogatives dans la nomination ou la révocation du directeur général. « Nous voyons là une volonté manifeste de l’administration du travail d’exercer une mainmise totale sur les institutions sociales », affirme-t-il.
Le secrétaire général de la CNTS accuse par ailleurs le ministère du Travail d’avoir conduit les réformes « en catimini », estimant que les organisations syndicales n’ont pas été suffisamment associées aux dernières modifications.
Malgré le vote des textes par l’Assemblée nationale, le Front syndical entend poursuivre son combat.
Le plan d’action annoncé doit commencer par des assemblées sectorielles, avant des tournées à travers le pays pour mobiliser les travailleurs et sensibiliser l’opinion.
Des sit-in et manifestations pourraient ensuite être organisés. Ultime étape, une grève générale de 72 heures.
« Nous sommes pleinement déterminés à mener ce plan d’action jusqu’au bout », prévient Mody Guiro dans L’Obs, précisant que la date de la grève sera fixée ultérieurement.
