La consommation mondiale de drogues a atteint un niveau record. Dans son rapport mondial sur les drogues 2026, publié ce mercredi et relayé par EnQuête+, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) estime que 331 millions de personnes âgées de 15 à 64 ans ont consommé une substance illicite en 2024, soit 6,2 % de la population mondiale. Il y a dix ans, cette proportion était de 5,2 %.
Le cannabis reste la drogue la plus utilisée, avec 256 millions d’usagers, devant les opioïdes (63 millions), les amphétamines (32 millions), la cocaïne (25 millions) et l’ecstasy (21 millions). Mais l’ONUDC s’inquiète surtout de l’essor des drogues de synthèse. En 2024, 755 nouvelles substances psychoactives ont été recensées, dont 118 identifiées pour la première fois. « Certaines sont plus puissantes ou plus dangereuses qu’auparavant », a prévenu Monica Juma, directrice exécutive de l’organisation. Le marché des opioïdes bascule vers des produits comme le fentanyl et les nitazènes, augmentant le risque de surdoses.
Le rapport souligne également le poids des inégalités. Les femmes sont particulièrement défavorisées : seule une sur 23 bénéficie d’un traitement spécialisé, contre un homme sur neuf. Les populations déplacées par les conflits, plus vulnérables aux addictions, ont un accès limité aux soins.
Au Sénégal, les autorités sont confrontées à la prolifération des drogues de synthèse. En juin dernier, le commissaire divisionnaire Idrissa Cissé, coordonnateur du Comité interministériel de lutte contre la drogue (CILD), alertait sur la difficulté de traquer ces substances aux noms changeants, comme le « khouche », vendu à 500 FCFA. Les saisies témoignent de l’ampleur du trafic : en 2025, les douanes du Sud ont saisi 387 kg de cocaïne et 5 168 kg de chanvre indien. Et en avril 2026, la Brigade régionale des stupéfiants (BRS) a démantelé un réseau à Dakar, saisissant 14 bonbonnes de protoxyde d’azote, du haschich, de l’ecstasy et de la cocaïne.

