Le Sénégal va rendre opérationnels 32 blocs opératoires dans les centres de santé d’ici 2027 pour réduire la mortalité maternelle et néonatale.
Lors d’une réunion technique à Dakar, le docteur Amadou Doukouré, directeur de la Santé de la mère et de l’enfant, a détaillé ce plan, rapporte l’APS. « Durant ces deux dernières années, nous avons pu ouvrir 15 blocs opératoires. Il est prévu l’ouverture de 12 nouveaux blocs d’ici décembre 2026, avant trois autres en 2027, ce qui portera le total à 32 », a-t-il précisé.
Ces ouvertures concernent à la fois des structures réhabilitées et des infrastructures déjà construites mais jamais mises en service. L’objectif est de rapprocher la chirurgie obstétricale des populations pour éviter des évacuations vers les hôpitaux régionaux, souvent longues et risquées. Comme l’a illustré la réouverture, début 2026, du bloc opératoire du centre de santé de Kédougou — entièrement rénové et équipé grâce au projet Ismea après deux ans d’arrêt —, de tels équipements sauvent des vies en réduisant les délais de prise en charge.
Le plan d’accélération repose aussi sur la formation des ressources humaines et l’acquisition d’équipements. Le docteur Doukouré a insisté sur la nécessité de disposer d’au moins deux équipes de chirurgie par centre pour assurer une permanence des soins 24 heures sur 24.
La stratégie s’inscrit dans les engagements du Sénégal en faveur des Objectifs de développement durable. Elle répond à une urgence : selon les données du système national de surveillance, 40 % des décès maternels sont causés par des hémorragies du post-partum. Pour y faire face, le ministère prévoit de renforcer la disponibilité des produits sanguins via des banques de sang et des centres de transfusion.
Le ministère déploiera prochainement des dispositifs médicaux comme des draps calibrés pour mesurer les pertes sanguines et des ballonnets intra-utérins pour contrôler les hémorragies.
