Longues de 187 kilomètres, les routes qui mènent à la ville sainte de Touba ont vu, cette année encore, défiler des centaines de motos. À l’occasion du grand Magal commémorant l’exil de Cheikh Ahmadou Bamba, le fondateur du mouridisme, de nombreux fidèles ont délaissé les voitures pour ces deux-roues, bien plus aptes à se faufiler dans les interminables files de véhicules.
Parmi eux, Malick Diop, un commerçant de Keur Massar, dans la banlieue dakaroise. « J’ai acheté 8 500 francs de carburant à l’aller. Nous sommes partis samedi à 6 heures, avec une escale à Bambey. Au retour, nous avons quitté Touba à 6 heures pour arriver à Thiès vers 9 heures. Je devrais être chez moi aux alentours de midi », confie-t-il, le casque vissé sur la tête, lors d’une halte à une station-service de Thiès. Pour lui, ce pèlerinage à moto est autant un acte de foi qu’un choix pratique.
Ces trajets se font rarement en solitaire. Les pèlerins se regroupent en convois où la solidarité joue un rôle clé. En cas de panne ou d’incident, les compagnons de route s’entraident pour atteindre leur destination. « Le trajet à moto est bien plus simple et plus sûr qu’en voiture. Avec 8 000 francs CFA de carburant, on arrive à Touba sans problème », renchérit Moussa Sarr, un autre disciple.
Mais la route n’est pas sans danger. Malick Diop lui-même a croisé des accidents, impliquant aussi bien des voitures que des motos. Le bilan de cette édition 2026 est d’ailleurs lourd : les sapeurs-pompiers ont recensé 12 décès et 274 blessés dans 133 interventions liées à des accidents de la circulation, depuis le début du dispositif de couverture du Magal. De son côté, la gendarmerie a comptabilisé 16 collisions avec 44 victimes sur les axes menant à Touba lors de la seule journée du 30 juillet.
Conscients des dangers, les pèlerins insistent sur la nécessité d’une conduite responsable. De fait, les convois à moto, « de plus en nombreux à l’occasion du Magal », sont devenus une composante incontournable du pèlerinage, comme le souligne l’APS.
