L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a connu une évolution significative de son corps professoral au cours du dernier quart de siècle. Si les données récentes confirment un effort institutionnel avec un doublement des effectifs, elles mettent également en lumière des défis internes liés à la structure des grades et à la démographie étudiante.
Selon les données publiées par le journal Sud Quotidien, le nombre d’enseignants-chercheurs au sein de l’institution est passé de 681 en l’an 2000 à 1 511 en 2024. Cette progression globale masque toutefois un ralentissement observé sur la dernière décennie. Notre rédaction note que les effectifs tendent désormais à se stabiliser sur un plateau oscillant entre 1 400 et 1 500 enseignants. En parallèle, la population étudiante continue d’augmenter, ce qui accentue la pression sur le ratio d’encadrement et interroge la soutenabilité du modèle actuel.
L’analyse détaillée de la pyramide des grades révèle la nature du déséquilibre. Le dispositif académique s’appuie majoritairement sur 463 maîtres de conférences titulaires. L’encadrement supérieur est quant à lui assuré par 325 professeurs titulaires et 340 professeurs assimilés. À l’inverse, la base de cette pyramide s’avère particulièrement étroite : l’université ne compte que 95 assistants pour 288 grades assimilés. D’après les informations de Sud Quotidien, cette faible proportion au bas de l’échelle traduit une transition inachevée dans les carrières, rendant complexe la structuration d’une relève pérenne.
Sur le plan de la parité, les statistiques montrent une progression constante mais une disparité toujours fortement marquée. Le nombre de femmes dans le corps enseignant a évolué de 116 en 2000 à 289 en 2024. Elles restent cependant minoritaires face aux 1 222 hommes recensés cette année, illustrant le chemin restant à parcourir pour l’accès des femmes aux carrières universitaires.
Ces différents indicateurs placent l’UCAD à une étape charnière de son développement. L’enjeu identifié par les données ne se limite plus à l’augmentation quantitative du personnel. Il s’oriente vers la nécessité de consolider la base des jeunes enseignants, de stabiliser les parcours professionnels et de rééquilibrer la structure interne pour maintenir le statut de l’université.


Le problème dans tout cela c’est le CAMES tout simplement