Les tensions s’intensifient dans la mer d’Oman et le détroit d’Ormuz, ravivant le spectre de la « guerre des pétroliers » des années 1980. Les récents affrontements maritimes entre les forces américaines et iraniennes bouleversent le transport maritime international et redessinent les routes commerciales.
L’escalade a franchi un nouveau palier le 20 avril. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, l’armée américaine a ouvert le feu avant de saisir le porte-conteneurs Touska, battant pavillon iranien, à proximité du détroit d’Ormuz. Le lendemain, un autre pétrolier, accusé de transporter du brut iranien sous le coup de sanctions, a été arraisonné par la marine américaine dans le golfe du Bengale. Le Pentagone a justifié ces opérations par sa volonté de perturber les réseaux maritimes fournissant un soutien matériel à Téhéran en eaux internationales.
La riposte iranienne a été immédiate. Alors que Téhéran avait déjà restreint le passage dans le détroit d’Ormuz suite aux frappes menées par les États-Unis et Israël — des attaques qui ont notamment visé des infrastructures civiles et de santé, comme l’indique un rapport de l’OMS —, la République islamique a resserré son contrôle naval. Le 22 avril, les forces iraniennes ont ouvert le feu et capturé deux porte-conteneurs qui tentaient de quitter le Golfe. Le premier vice-président iranien, Mohammad Reza Aref, a justifié ces entraves en déclarant que la sécurité de cette zone stratégique exigeait une contrepartie.
Ces blocages successifs paralysent le commerce énergétique mondial. Le trafic maritime dans le détroit s’est effondré de 95 %. Vendredi, en plein affrontement naval, le cours du Brent a atteint la barre des 106 dollars le baril, perturbant fortement l’économie mondiale.
Parallèlement, la question de la sécurisation maritime divise les alliés occidentaux. Le Royaume-Uni et plusieurs pays membres de l’OTAN refusent de participer aux opérations américaines de déminage dans le détroit d’Ormuz, craignant d’être entraînés dans un conflit direct. Face à ce désengagement, Donald Trump a réagi sur la plateforme Truth Social, sommant les Européens d’apprendre à se défendre par eux-mêmes ou de s’approvisionner exclusivement en carburant américain.