Les tensions maritimes franchissent un nouveau palier près du détroit d’Ormuz. Alors que Washington maintient un blocus naval strict ciblant les ports iraniens, une nouvelle escalade s’est produite en mer, impliquant des arraisonnements réciproques de navires commerciaux.
L’interception du porte-conteneurs Touska, battant pavillon iranien, par les forces américaines en début de semaine a déclenché une réaction immédiate de la République islamique. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, l’Iran a riposté ce mercredi en capturant deux navires commerciaux étrangers, les déroutant vers ses propres côtes. Les médias d’État iraniens affirment que ces bâtiments auraient enfreint la réglementation maritime, une justification qui s’inscrit dans la volonté de Téhéran de contrôler le trafic dans cette zone stratégique.
Notre rédaction rappelle que cette situation découle du blocus naval imposé le 13 avril par les États-Unis. Lundi dernier, le commandement central américain (CENTCOM) a ouvert le feu et arraisonné le Touska alors qu’il se dirigeait vers Bandar Abbas. L’intervention, menée par les fusiliers marins après des tirs ciblés sur la salle des machines par le destroyer USS Spruance, fait suite au refus de l’équipage de modifier sa trajectoire, comme l’a précisé le Président Donald Trump. Le lendemain, le Pentagone a également confirmé la détention du M/T Tifani, un pétrolier sous sanctions intercepté dans le golfe du Bengale.
Face à cette série d’interceptions, les autorités iraniennes ont qualifié la saisie du Touska d’acte de « piraterie ». Toutefois, les experts juridiques apportent des précisions sur cette terminologie. Jason Chuah, professeur de droit maritime à la City University of London, indique que la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) circonscrit la piraterie aux actes commis à des fins privées, excluant de facto les opérations gouvernementales liées à un conflit. Il souligne néanmoins que l’approche américaine évolue aux limites des cadres légaux traditionnels. Apurva Mehta, experte en droit, rappelle pour sa part que l’article 110 autorise l’arraisonnement en haute mer uniquement en cas de suspicions spécifiques, bien que la liberté de navigation reste le principe de base.
Nos sources indiquent que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, considère le blocus américain comme une violation formelle du cessez-le-feu de deux semaines conclu entre les deux pays. Le commandement militaire iranien a d’ores et déjà averti d’une riposte imminente. Cette crise s’insère dans un affrontement plus large amorcé le 28 février, marqué notamment par la destruction du navire de guerre iranien IRIS Dena par un sous-marin américain début mars, ayant entraîné la mort ou la disparition de dizaines de marins.