Le vol de bétail continue de fragiliser des éleveurs dans plusieurs zones du pays. À Thiès, des acteurs du secteur ont publiquement dénoncé un phénomène qu’ils jugent toujours aussi pesant, avec des pertes importantes, des victimes non indemnisées et des procédures judiciaires jugées trop lentes.
Des membres de l’Association pour la protection des productions animales et de lutte contre le vol du bétail au Sénégal ont fait face à la presse locale de Thiès pour exposer les freins qui touchent leur activité. Ils ont cité, entre autres, la répétition des vols, l’abattage clandestin, l’absence de dédommagement pour certaines victimes et ce qu’ils considèrent comme une impunité persistante malgré l’existence d’une loi criminalisant le vol de bétail.
Des chiffres avancés et plusieurs revendications
Le président de l’association, Ndongo Fall, a aussi insisté sur les difficultés vécues par les éleveurs qui saisissent la justice. Il a évoqué des enquêtes conduites avec laxisme, des lenteurs administratives et judiciaires, ainsi que des dossiers pouvant durer quatre ans avec plus de cinquante audiences. Il a également regretté des sanctions qu’il juge légères contre des récidivistes, sans oublier les libertés provisoires accordées à certains mis en cause.
Dans les éléments relayés par Dakaractu, l’association affirme que les statistiques publiées par la gendarmerie nationale montrent que 62 % des infractions commises au cours de l’année 2025 concernent le vol de bétail. Pour cette même année 2025, le cumul du bétail volé est estimé à 1.062 têtes. Une étude comparative citée par les responsables indique aussi que les régions de Thiès, Diourbel, Kaffrine, Louga et Saint-Louis figurent parmi les plus touchées.
L’association dit également s’inquiéter des conditions dans lesquelles opèrent les auteurs de ces vols. D’après les déclarations rapportées, ces derniers seraient souvent lourdement armés et feraient usage de leurs armes, avec des morts et des blessés graves recensés parmi les éleveurs. Parmi les demandes formulées aux autorités figurent l’application stricte de la loi, l’arrestation et la traduction en justice des personnes incriminées, le dédommagement des victimes, la restitution des biens volés, l’organisation d’assises citoyennes sous forme de CRD, CDD et CLD, la création de comités de vigilance dans les villages et la reconnaissance du vol de bétail comme une catastrophe afin de mettre en place un fonds public de soutien aux éleveurs victimes.