En visite d’État en Corée du Sud ce jeudi, le président français Emmanuel Macron a clarifié la position de Paris sur les crises sécuritaires actuelles, tout en répondant aux récentes attaques de son homologue américain.
S’exprimant depuis Séoul, le chef de l’État a d’abord écarté l’hypothèse d’une opération militaire destinée à « libérer » le détroit d’Ormuz. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, Emmanuel Macron a qualifié cette initiative d’« irréaliste », soulignant qu’elle nécessiterait « un temps infini » tout en exposant les troupes engagées à des risques majeurs. Concernant la guerre en cours au Moyen-Orient, déclenchée fin février par les États-Unis et Israël contre l’Iran, il a affirmé que l’option militaire ne permettait pas de régler la question nucléaire dans la durée, plaidant pour des solutions diplomatiques.
Le déplacement a également été l’occasion d’aborder les tensions au sein de l’alliance transatlantique. Le président français a accusé Donald Trump de fragiliser l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan). Il reproche au dirigeant américain de maintenir une communication instable et de créer « chaque jour le doute sur son engagement ». « Si on crée chaque jour le doute, on en vide la substance », a déclaré Emmanuel Macron.
Ces divergences stratégiques s’accompagnent d’un différend public entre les deux hommes. Une vidéo brièvement diffusée par la Maison Blanche a récemment montré Donald Trump tenant des propos moqueurs à l’égard d’Emmanuel Macron et de son épouse lors d’un déjeuner privé. Interrogé sur cet épisode, le président français a répliqué en qualifiant ces déclarations de « ni élégantes ni à la hauteur », ajoutant qu’elles « ne méritent pas de réponse ».
Ces passes d’armes interviennent dans un climat de désaccord plus large entre les alliés occidentaux sur la gestion du conflit iranien. Washington reproche notamment à plusieurs de ses partenaires, dont la France, un soutien jugé insuffisant dans les opérations en cours. Les prises de position de Donald Trump sur le Moyen-Orient et l’Otan alimentent les inquiétudes des capitales européennes quant à la stabilité régionale et à la cohésion de l’alliance.