Le fossé diplomatique se creuse entre Paris et Tel-Aviv. Dans le sillage des opérations militaires menées au Moyen-Orient, les relations bilatérales traversent une zone de turbulences marquée par des accusations publiques et une décision de rétorsion inédite. Au cœur du différend, la gestion de l’espace aérien français et la posture de neutralité revendiquée par l’Élysée.
Invité jeudi sur le plateau de BFMTV-RMC, l’ambassadeur d’Israël en France, Joshua Zarka, a tenu des propos dénués d’ambiguïté. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le diplomate a affirmé que la France ne pouvait plus être considérée comme une « puissance amicale ». Il a souligné que Paris « ne se voit pas » et « ne se définit pas comme un ami » d’Israël dans le cadre de la guerre actuelle contre l’Iran et le Hezbollah au Liban.
Ces critiques visent directement la ligne fixée par Emmanuel Macron, qui a réitéré que la France ne prendrait pas part aux opérations militaires menées par les États-Unis et Israël depuis le 28 février. Mais la tension a franchi un nouveau palier autour d’un incident logistique. Les autorités israéliennes reprochent à Paris d’avoir refusé le survol de son territoire par des avions américains transportant du matériel militaire destiné à Israël.
Face à cette situation qui a « étonné » et « choqué » Tel-Aviv, le ministère israélien de la Défense a acté une mesure de rétorsion directe : la réduction à zéro de toutes ses importations militaires en provenance de la France.
Cette crispation dépasse les frontières israéliennes. L’ancien président américain Donald Trump a également fustigé sur son réseau Truth Social une France qu’il juge « très peu coopérative », évoquant ces mêmes restrictions aériennes.
Du côté de Paris, les autorités contestent formellement ces accusations. L’Élysée a fait part de son étonnement, maintenant que la position française n’a pas varié depuis le premier jour du conflit. Une source militaire française a apporté des précisions techniques, indiquant qu’aucune restriction de survol n’a été imposée aux appareils américains. Seuls certains avions logistiques sont autorisés à atterrir sur les bases d’Istres et d’Avord, une règle strictement appliquée depuis le début des hostilités.