Les déclarations se succèdent et se contredisent entre Washington et Téhéran. Alors que le président américain Donald Trump affirme que des discussions sont en cours pour mettre fin au conflit, les autorités militaires iraniennes opposent un démenti catégorique à ces allégations, sur fond de propositions diplomatiques transmises par pays interposés.
Le commandement unifié des forces armées iraniennes a publiquement rejeté l’idée de pourparlers avec les États-Unis. Par la voix de son porte-parole, Ebrahim Zolfaqari, l’état-major a tourné en dérision les affirmations américaines. « Le niveau de votre lutte intestine a-t-il atteint le stade où vous négociez avec vous-même ? », a-t-il déclaré mercredi selon l’agence de presse Fars, ajoutant qu’il ne fallait pas « qualifier un échec d’accord ». Il a également précisé qu’aucun retour à l’ordre régional antérieur ne serait possible tant que la volonté de Téhéran ne serait pas accomplie.
Cette sortie intervient après des déclarations de Donald Trump depuis la Maison Blanche, assurant que Washington s’entretenait avec les « bonnes personnes » en Iran et que ces dernières souhaitaient ardemment un accord. Quelques jours plus tôt, le président américain avait menacé de frapper les centrales électriques iraniennes si le détroit d’Ormuz n’était pas rouvert, avant de suspendre son ultimatum de cinq jours en invoquant des progrès diplomatiques.
Selon des informations relayées par la presse américaine, un plan en 15 points aurait été transmis à Téhéran. Ce document exigerait le démantèlement des principaux sites nucléaires iraniens, l’arrêt de l’enrichissement, la suspension du programme de missiles balistiques et la réouverture du détroit d’Ormuz, en échange d’une levée des sanctions et d’une aide au programme nucléaire civil. Le média Al Jazeera, par l’intermédiaire de ses correspondants à Téhéran, rapporte une « confusion totale » sur place. Si les responsables iraniens nient toute négociation directe avec Washington, des échanges diplomatiques sont maintenus avec d’autres pays de la région, notamment le Pakistan, qui aurait servi de relais pour transmettre la proposition américaine.
Sur le terrain, la confrontation militaire se poursuit. L’armée israélienne a mené des frappes nocturnes sur des infrastructures à Téhéran, faisant au moins 12 morts et 28 blessés dans la zone résidentielle de Varamin. En réponse, l’Iran a tiré de nouveaux missiles vers Israël, ciblant des bases et des villes comme Safad, Tel Aviv et Bnei Brak. Ces tirs s’inscrivent dans une séquence continue de frappes iraniennes par missiles balistiques et de ripostes israéliennes.
Parallèlement, les agences Reuters et AP indiquent que les États-Unis s’apprêtent à déployer 1 000 soldats supplémentaires de la 82e division aéroportée au Moyen-Orient, rejoignant les 50 000 militaires déjà présents. « Alors que les États-Unis se préparent à des pourparlers de paix, ils se préparent également à la guerre », résume le correspondant d’Al Jazeera à Washington, soulignant la dualité des actions diplomatiques et militaires en cours.