Le projet de révision de la Constitution, annoncé par le Président Bassirou Diomaye Faye lors de son allocution du 31 décembre 2025, mobilise les acteurs sociaux. Dans une tribune relayée par Sud Quotidien, une coalition de 46 organisations syndicales et de la société civile a formulé une série d’exigences pour encadrer cette transition institutionnelle, refusant qu’elle se limite à de simples ajustements techniques.
Selon nos informations, ce collectif – regroupant notamment Amnesty Sénégal, la RADDHO et le Forum du Justiciable – structure sa démarche autour de cinq piliers. Le premier vise à mettre fin à l’hyperprésidentialisme. Les signataires demandent un renforcement des prérogatives de contrôle de l’Assemblée nationale, en particulier sur la gestion des ressources naturelles. Le document insiste également sur la nécessité de définir de manière opérationnelle la notion de haute trahison afin d’encadrer la responsabilité présidentielle.
La question de l’indépendance de la justice occupe une place centrale dans cette déclaration. Les organisations exigent une réorganisation du Conseil supérieur de la Magistrature (CSM). Conformément aux engagements du Pacte national de bonne gouvernance démocratique, elles demandent que le chef de l’État et les membres de l’Exécutif n’y siègent plus. La consolidation de la Cour constitutionnelle et la sacralisation de la liberté comme principe fondamental sont également requises.
En matière de reddition des comptes, le collectif réclame la publication obligatoire des rapports des corps de contrôle et l’obligation de déclaration de patrimoine pour les hautes fonctions publiques. Une mention spécifique est accordée aux fonds spéciaux, dont l’utilisation devra être certifiée et soumise à un contrôle indépendant, marquant la fin des fonds politiques dissimulés.
Enfin, la tribune plaide pour l’intégration de la démocratie participative dans la Constitution, via le droit de pétition et l’initiative citoyenne. Pour garantir l’effectivité de ces mesures, les 46 signataires proposent la création d’un mécanisme indépendant de suivi et d’évaluation, associant universitaires, syndicalistes et professionnels.