La tension est montée d’un cran ce mardi 17 février 2026 à l’Université Gaston Berger (UGB). Alors que le calme semblait précaire, une nouvelle flambée de violence a opposé les pensionnaires de Sanar aux forces de l’ordre, paralysant une partie de l’activité économique et sociale de la capitale du Nord.
Les affrontements, qui ont rythmé la matinée et l’après-midi, marquent une rupture dans le dialogue entre les étudiants et l’administration universitaire.
**Un axe vital coupé en deux**
Dès les premières heures de la matinée, suite à une assemblée générale d’urgence, les étudiants ont investi la route nationale n°2. Selon nos informations, confirmées par Sud Quotidien, cet axe stratégique reliant Saint-Louis au reste du pays a été barré de 09h à 12h, puis de nouveau dans l’après-midi.
Cette action a provoqué une paralysie totale du trafic. Les véhicules, immobilisés sur près d’un kilomètre de part et d’autre de l’entrée principale de l’université, ont été les témoins involontaires des échanges de projectiles et de gaz lacrymogènes. L’objectif affiché par les manifestants était clair : créer un impact immédiat pour forcer l’attention des autorités.
**Le point de rupture : la gestion de la restauration**
Si les revendications sont multiples, c’est une décision spécifique de la Direction du Centre régional des Œuvres universitaires de Saint-Louis (CROUS) qui semble avoir cristallisé les tensions ce mardi. L’administration avait annoncé, via un communiqué, la réouverture du restaurant n°2 à compter du lundi 16 février pour le déjeuner, conditionnée à la présentation obligatoire du ticket.
Cette tentative de retour à la normale a été immédiatement rejetée par la coordination des étudiants. En réponse, ces derniers ont décrété 72 heures de « Journées Sans Ticket » (JST), obligeant l’administration à retirer son communiqué et à maintenir la fermeture du restaurant au sein du campus social.
**Un cahier de doléances qui s’alourdit**
Au-delà de la question de la restauration, le mouvement d’humeur repose sur des exigences structurelles et judiciaires. Les grévistes réclament le paiement intégral des rappels dus aux ayants droit et le maintien des acquis sociaux jusqu’à une révision concertée du décret n°2014-963 sur les allocations d’études.
Sur le plan judiciaire, la mobilisation reste forte concernant le décès de leur camarade Abdoulaye Bâ. Les étudiants exigent « la vérité et la justice » sur cette affaire, ainsi que la libération immédiate des représentants de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) actuellement détenus.