Sweilem Sweilem, réalisateur et acteur palestinien résidant en Turquie, met en scène la souffrance de son peuple à travers l’art dramatique pour sensibiliser l’opinion internationale. Cet artiste de 34 ans, endeuillé par la perte de plus de 50 membres de sa famille depuis le début du conflit, présente sa pièce « Gaza parmi les cendres » pour briser le silence autour de la guerre.
Connu localement sous le pseudonyme de « Selim le Palestinien », Sweilem a quitté la Cisjordanie pour la Turquie en 2014, face à l’impossibilité de poursuivre sa carrière artistique sous la pression sécuritaire en Palestine. Après avoir maîtrisé la langue turque et suivi une formation à l’Atelier de théâtre artistique Emin Olcay et Hayat Olcay, il a intégré le milieu culturel en participant à diverses productions, notamment des documentaires et des séries télévisées. Il explique sa démarche artistique en affirmant : « Je suis venu en Türkiye pour être une source d’espoir pour les Palestiniens et pour faire entendre leur voix ».
L’escalade de la violence à Gaza depuis le 7 octobre a eu des répercussions tragiques sur la vie personnelle de l’acteur. Sweilem déplore la mort de plus de 50 de ses proches, incluant le fils de son oncle, tandis que son frère a été paralysé lors des événements. Face à l’ampleur de ces pertes, il a choisi le théâtre comme exutoire et moyen de communication. « Cette douleur est difficile à décrire, mais rester silencieux est encore plus lourd », confie-t-il à Anadolu, soulignant l’urgence de raconter le vécu des victimes.
La pièce « Gaza parmi les cendres », née d’une réflexion collective et écrite par Emin Ozbey, est mise en scène et interprétée par Sweilem. Jouée en langue turque, l’œuvre vise à toucher directement le public local en dépeignant le quotidien des familles vivant sous des tentes, privées de ressources essentielles comme l’électricité et la nourriture. L’artiste, qui finance ses projets sur fonds propres, travaille également sur des productions cinématographiques et lance un appel à la solidarité, martelant que « le silence est une complicité » face à l’oppression.