Les États-Unis et l’Iran ont convenu d’un cessez-le-feu de deux semaines, suspendant temporairement des hostilités ayant fait au moins 2 076 morts depuis le 28 février. Cet accord, validé peu avant l’expiration d’un ultimatum fixé par Donald Trump, ouvre la voie à des négociations prévues ce vendredi à Islamabad, sous l’égide du Pakistan. Pour parvenir à cette trêve, les deux parties ont dû assouplir certaines de leurs positions initiales.
Selon la chaîne Al Jazeera, le président américain a accepté de suspendre les bombardements après avoir reçu une proposition iranienne en dix points, qu’il a qualifiée de document de travail viable. En contrepartie, Téhéran s’engage à cesser ses opérations militaires et à garantir de nouveau le libre passage des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz.
Le document soumis par la partie iranienne acte un changement de cap concernant les exigences financières de la République islamique. Alors que le président Masoud Pezeshkian réclamait jusqu’ici le paiement de réparations directes pour les dommages causés par les frappes américaines et israéliennes, Téhéran avance une nouvelle approche. Le plan propose désormais d’utiliser les taxes de transit perçues sur les navires traversant le détroit d’Ormuz pour financer la reconstruction des infrastructures du pays.
Si cette évolution a permis de débloquer la tenue de pourparlers, d’autres exigences iraniennes risquent de se heurter au refus de Washington. L’Iran demande notamment la fin de la présence militaire américaine au Moyen-Orient, où les États-Unis maintiennent environ 50 000 soldats répartis sur 19 sites.
L’application territoriale de la trêve constitue l’autre point de friction immédiat. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif et les négociateurs iraniens ont affirmé que le cessez-le-feu incluait le Liban. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a publiquement rejeté cette clause. Dans la foulée, l’armée israélienne a mené une série de frappes intensives sur Beyrouth, faisant de nombreuses victimes selon les autorités libanaises et remettant en question l’étendue réelle de l’accord.