Les statistiques des contrôles de véhicules lourds au Sénégal pour le mois d’avril 2026 montrent que 47,71 % des camions vérifiés étaient en surcharge, malgré une tolérance de 20 % appliquée lors du pesage.
Cette situation a été qualifiée de « préoccupante et insoutenable » pour les finances publiques par le secrétaire général du ministère des Infrastructures, Abdoulaye Guèye. S’exprimant lors d’un atelier national sur la mise en œuvre du Règlement n°14 de l’UEMOA, il a souligné que la surcharge demeure l’une des principales causes de la dégradation prématurée du réseau routier, selon l’APS.
Les études de l’UEMOA confirment que les surcharges à l’essieu réduisent considérablement la durée de vie des chaussées, entraînant des coûts élevés de réhabilitation pour les États. Le taux de dégradation du réseau routier communautaire a d’ailleurs augmenté de 32 % entre 2022 et 2023.
Le problème de surcharge n’est pas limité aux poids lourds. En janvier 2026, des minibus de 14 places étaient régulièrement contrôlés avec 19 ou 20 passagers à bord, comme le rapportait Senego (lire l’article).
Le Sénégal applique le dispositif communautaire depuis 2012 et dispose de 24 postes de pesage fixes et cinq brigades mobiles, le maillage le plus dense de l’espace UEMOA. Pourtant, l’objectif de ramener le taux de surcharge sous la barre de 10 % en cinq ans reste incertain, quatorze ans après le lancement des contrôles, a reconnu M. Guèye.

