Transformatrices : à Thiaroye, le plaidoyer pour une reconnaissance juridique

Moins de 15 % des 83 unités de transformation recensées seraient aménagées, selon les représentantes des femmes transformatrices. Réunies lundi 21 septembre 2026 à Thiaroye-sur-Mer, elles ont demandé des investissements supplémentaires pour améliorer leurs conditions de travail.

Lors d’une conférence de presse, ces actrices de la filière halieutique ont réclamé une reconnaissance juridique de leur métier ainsi qu’une meilleure prise en compte de leur rôle dans les décisions concernant la pêche. À Saint-Louis, Yaram Fall demande aussi la création d’une carte professionnelle pour les transformatrices. Cette reconnaissance doit, selon elle, s’accompagner d’une meilleure protection sociale, alors que certaines femmes de Guet-Ndar exercent ce métier depuis l’enfance.

Les représentantes souhaitent également que les engagements annoncés par les pouvoirs publics soient suivis de mesures concrètes. La présidente du Réseau des Femmes de la Pêche Artisanale du Sénégal (REFEPAS), Diaba Diop, a plaidé pour l’achèvement du projet de décret devant encadrer leur activité. « Nous courons derrière ce projet de régularisation de notre métier qui est toujours dans le circuit », a-t-elle déclaré, selon Sud Quotidien et lactuacho.

Les représentantes demandent également leur intégration dans le Comité d’attribution des licences et au Conseil national consultatif de la pêche maritime. Diaba Diop estime que cette présence doit concerner toutes les femmes engagées dans la chaîne de valeur, au-delà des seules transformatrices et mareyeuses.

De la valorisation des prises à leur transformation puis à leur vente, les femmes assurent une partie de la circulation des produits de la mer et contribuent à l’approvisionnement alimentaire dans certaines zones. Elles considèrent que la durabilité de la pêche ne peut être dissociée de leur activité.

Le manque d’infrastructures au cœur des difficultés

Les transformatrices ont salué les efforts liés à la révision du Code de la pêche et à la construction de nouvelles infrastructures, tout en demandant des dispositions plus précises pour leur secteur. Elles souhaitent notamment l’accélération des travaux dans les unités de transformation et les quais de pêche.

L’accès aux produits halieutiques reste une autre difficulté. Pour s’approvisionner, les femmes se rendent dans les marchés centraux, les ports et les quais, alors que les pêcheurs rencontrent eux aussi des obstacles croissants pour accéder au poisson.

Les usines de farine et d’huile de poisson sont par ailleurs accusées par les transformatrices de réduire la disponibilité de certaines espèces destinées à la transformation artisanale. La sardinelle est présentée comme une ressource essentielle pour leur activité et pour l’alimentation des populations.

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