Violation constante de la zone des 6 milles : le nouveau tracé protecteur exigé par les professionnels à Saly

Les acteurs de la pêche artisanale et de la société civile sont réunis depuis hier, mercredi 11 février, à Saly-Portudal. Cet atelier régional, qui se poursuit jusqu’au 13 février, se concentre sur l’acquisition de techniques de plaidoyer. Si l’objectif affiché est le renforcement des capacités, la rencontre sert de tremplin à une revendication précise concernant la délimitation des eaux territoriales face à la concurrence industrielle.

Organisée à l’initiative de l’Adepa (Dynamique pour une Pêche Artisanale durable) et soutenue par l’ONG Blue Ventures Conservation, cette session de travail part d’un constat de terrain alarmant. Moussa Meng, secrétaire exécutif de l’Adepa, rapporte des situations critiques où des navires industriels pénètrent illégalement dans les zones réservées aux piroguiers. Ces incursions causent régulièrement des pertes matérielles importantes et, plus grave encore, des blessures ou des pertes en vies humaines.

Actuellement, le Code de la pêche de 2015 interdit formellement aux navires industriels d’opérer à l’intérieur de la zone des 6 milles marins. Cette bande est exclusivement dédiée à la pêche artisanale. Cependant, les professionnels réunis à Saly, dont les propos sont rapportés par Sud Quotidien, soulignent l’inefficacité de cette barrière légale dans la pratique. Les violations y sont fréquentes et la cohabitation devient impossible.

Face à cette réalité, les organisations ne se limitent plus à demander l’application des textes. Elles portent désormais une exigence nouvelle : l’extension de la zone réservée à la pêche artisanale de 6 à 12 milles marins. Ce doublement de la surface protégée est présenté comme la solution nécessaire pour éloigner la menace industrielle et sécuriser l’activité locale.

Pour faire aboutir cette réforme, l’atelier de Saly mise sur la professionnalisation du discours. Il s’agit d’outiller les acteurs pour qu’ils puissent documenter les infractions avec rigueur et structurer leur dialogue avec les autorités. Aïssatou Daouda Dia, de Blue Ventures Conservation, insiste sur la nécessité de collaborer avec les institutions nationales, garantes de l’application des lois, tout en renforçant la voix de la société civile.

Au-delà de la sécurité en mer, l’enjeu est économique et alimentaire. La pêche artisanale demeure un pourvoyeur majeur d’emplois et un pilier de la sécurité alimentaire au Sénégal. Les recommandations issues de cet atelier devront définir la stratégie pour transformer cette revendication territoriale en mesure législative concrète.

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