L’élimination de l’équipe nationale féminine d’Iran de la Coupe d’Asie 2026 en Australie est passée au second plan. Alors que la délégation se prépare à quitter la Gold Coast après sa défaite contre les Philippines, des inquiétudes grandissantes entourent la sécurité des joueuses dans un contexte de conflit ouvert au Moyen-Orient.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le syndicat mondial des footballeurs (FIFPRO) a publiquement exprimé de sérieuses réserves quant au rapatriement de l’effectif. L’origine de cette tension remonte au premier match du tournoi, au cours duquel les joueuses ont gardé le silence pendant la diffusion de leur hymne national.
Cette posture a provoqué de vives réactions en Iran, un pays actuellement sous le coup de frappes américano-israéliennes ayant débuté le 28 février dernier. Ce conflit a déjà causé la mort de 1 255 personnes, dont le Guide suprême Ali Khamenei. Sur les ondes de la télévision d’État iranienne, le présentateur Mohammad Reza Shahbazi a qualifié les joueuses de « traîtresses en temps de guerre », exigeant que toute personne agissant contre le pays dans ces conditions soit traitée avec la plus grande sévérité.
Face à ces menaces publiques, Beau Busch, président de la FIFPRO pour l’Asie et l’Océanie, a indiqué que l’organisation travaillait avec la FIFA, la Confédération asiatique de football (AFC) et le gouvernement australien. L’objectif est de garantir la protection des sportives et d’évaluer si certaines d’entre elles souhaitent demander l’asile en Australie. Le responsable syndical a toutefois souligné qu’il était actuellement impossible d’entrer en contact direct avec l’équipe.
Sur place, la situation sécuritaire a été renforcée. Des véhicules de la police du Queensland et des agents de sécurité filtrent l’accès à l’hôtel de la sélection. À l’issue de leur dernier match dimanche, le bus des joueuses a été entouré par des dizaines de manifestants scandant des slogans tels que « Laissez-les partir » et « Sauvez nos filles ». Parallèlement, une pétition rassemblant plus de 66 000 signatures demande aux autorités australiennes de suspendre leur départ tant que des craintes pour leur sécurité subsistent.
Cependant, le discours officiel au sein de la sélection contraste avec ces initiatives extérieures. Citée par la presse australienne, l’entraîneuse de l’équipe, Marziyeh Jafari, a affirmé lors d’une conférence de presse que les joueuses étaient désireuses de rentrer en Iran le plus rapidement possible. Sollicité par Al Jazeera, le ministère australien de l’Intérieur a refusé de commenter les détails liés aux projets de voyage de l’équipe.