La Division de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) a démantelé un vaste réseau de traite d’êtres humains aux méthodes particulièrement troublantes. Selon L’Observateur dans son édition de ce mardi 3 février, une ressortissante nigériane répondant au nom de J. O. Dominic, domiciliée à Yeumbeul, a été déférée au parquet de Pikine-Guédiawaye pour traite de personnes, exploitation sexuelle et proxénétisme.
D’après les conclusions de l’enquête, le réseau ciblait de jeunes Nigérianes à qui il promettait des emplois dans la restauration au Sénégal. Une fois sur place, les victimes étaient contraintes de se prostituer afin de rembourser une prétendue dette de trois millions de francs CFA chacune.
Pour maintenir leur emprise, la mise en cause et sa complice en fuite, identifiée comme Natacha, recouraient à des pratiques mystiques nigérianes dites « joujou ». Les victimes étaient soumises à des rituels forcés destinés à les terroriser et à les soumettre psychologiquement. J. O. Dominic a reconnu que ces méthodes visaient à contraindre les jeunes filles à rembourser des frais de voyage évalués à 700 000 FCFA.
Le calvaire a pris fin le 28 janvier dernier, lorsque deux victimes, Jennifer et Chinaza, ont réussi à s’échapper et à alerter les autorités à Kédougou. Les investigations ont établi que l’ensemble des gains issus de la prostitution était reversé à la « patronne ».
Placée sous mandat de dépôt malgré ses dénégations, J. O. Dominic devra répondre de lourdes charges. Les forces de sécurité poursuivent leurs recherches pour interpeller sa complice et démanteler complètement ce réseau criminel.