L’Autorité nationale de biosécurité (ANB) poursuit son travail de sensibilisation auprès des décideurs publics. Ce lundi, l’Assemblée nationale a accueilli un atelier scientifique consacré aux biotechnologies modernes et au cadre juridique et institutionnel de biosécurité au Sénégal. Organisée avec l’appui de l’ANB, cette rencontre a réuni experts scientifiques et parlementaires autour des enjeux liés à la régulation des innovations biotechnologiques.
Présidée par l’honorable députée Amy Ndiaye et ouverte par le vice-président de la Commission du Développement durable et de la Transition écologique, l’honorable Ousmane Ciss, la rencontre visait à renforcer les capacités des députés sur les questions de biosécurité, dans un contexte où les biotechnologies occupent une place croissante dans les politiques agricoles et environnementales.
Dans son allocution, Ousmane Ciss a salué une initiative qui, selon lui, « consolide les fondements de l’action parlementaire » en matière de réformes environnementales. Il a insisté sur l’importance d’associer les parlementaires en amont aux réflexions sur le cadre national de biosécurité, afin de garantir une meilleure prise en compte des enjeux scientifiques dans l’élaboration des lois et des politiques publiques.
Le directeur exécutif de l’ANB, le professeur Aliou Ndiaye, a rappelé que cette démarche s’inscrit dans la continuité d’un premier échange organisé en 2025 avec la commission Environnement et Développement durable, dont la portée était restée limitée. Cette fois-ci, l’objectif était d’élargir la sensibilisation à un plus grand nombre de députés, considérés comme des acteurs stratégiques dans l’adoption des textes législatifs et le vote des budgets.
« L’Autorité nationale de biosécurité est au service du Sénégal. Il est donc essentiel que les représentants du peuple comprennent pleinement ce que nous faisons », a déclaré le Pr Aliou Ndiaye.
Le Sénégal, signataire de la Convention sur la diversité biologique depuis 1994 et du Protocole de Cartagena depuis 2003, s’est progressivement doté d’un arsenal juridique pour encadrer les biotechnologies modernes. La création de l’ANB en 2009, puis la révision de la loi sur la biosécurité en 2022, illustrent cette volonté d’adapter le cadre réglementaire aux avancées scientifiques.
Le Pr Ndiaye a précisé que la biosécurité couvre un vaste champ d’action, mais que l’ANB concentre ses efforts sur la prévention et la gestion des risques liés aux biotechnologies modernes. « **Nous travaillons à maximiser les bénéfices tout en limitant les impacts négatifs potentiels** », a-t-il expliqué, évoquant notamment les défis posés par l’émergence de nouvelles techniques comme l’édition génomique.
Les travaux ont permis d’informer les parlementaires sur les avancées scientifiques dans le domaine, les engagements internationaux et sous-régionaux du Sénégal, ainsi que les mécanismes nationaux d’évaluation et de gestion des risques. Les participants ont également identifié plusieurs défis majeurs, notamment la nécessité d’améliorer la sensibilisation des acteurs et de renforcer les dispositifs de prévention face aux situations d’urgence.
Lors des échanges, Ousmane Ciss a rappelé que le Sénégal reste fortement dépendant des importations alimentaires, qui couvrent près de 70 % de la demande nationale. Dans ce contexte, les biotechnologies peuvent constituer un levier stratégique pour renforcer la production agricole et soutenir les ambitions de souveraineté alimentaire fixées dans l’agenda national 2050.
« Il est crucial de repenser notre système agroalimentaire pour le rendre plus durable et résilient face aux changements climatiques », a-t-il affirmé.
Toutefois, le parlementaire a insisté sur la nécessité d’un encadrement rigoureux fondé sur le principe de précaution. Il a notamment évoqué les risques liés à une éventuelle dissémination d’organismes génétiquement modifiés (OGM) dans la nature, ainsi que leurs possibles impacts sur la santé humaine et l’environnement.
Jugés riches et constructifs, les échanges ont permis un partage approfondi de connaissances entre députés et experts de l’ANB. L’atelier s’est achevé dans un climat de collaboration et de satisfaction générale, traduisant une volonté commune de renforcer la gouvernance de la biosécurité au Sénégal.
À travers cette initiative, l’ANB confirme son ambition de bâtir un dialogue durable avec les parlementaires afin d’accompagner l’évolution du cadre national de biosécurité et d’assurer un développement responsable des biotechnologies modernes au service du pays.