Pour faire passer les échanges de 11% à 50%, l’expertise tunisienne spécifique que Serigne Guèye Diop veut désormais implanter au Sénégal

La deuxième édition du SALMA Dialogue Business Forum s’est ouverte ce mardi 3 février 2026 à Dakar, marquant une nouvelle étape dans les relations économiques entre le Sénégal et la Tunisie. Sous la présidence du ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, cette rencontre a réuni une importante délégation tunisienne ainsi que des acteurs économiques venus d’Afrique, d’Europe et d’Amérique latine. Au-delà du protocole, les autorités sénégalaises ont profité de cette tribune pour dévoiler une stratégie industrielle claire, fondée sur un constat chiffré et une volonté de transfert de compétences.

Le volume actuel des échanges commerciaux entre les deux nations, estimé à 11%, est jugé insuffisant par les autorités. L’objectif affiché par le ministre Serigne Guèye Diop est de porter ce chiffre à 20%, voire 50% dans un avenir proche. Pour atteindre cette ambition, le gouvernement ne mise pas uniquement sur l’augmentation des flux existants, mais sur un changement de paradigme : la co-production industrielle. Selon les propos relayés par Sud Quotidien, l’idée est de voir les industriels des deux pays collaborer pour « construire ensemble des usines à Dakar et également au niveau de la Tunisie ».

Cette coopération cible des domaines où la Tunisie a acquis une avance technique notable. Le ministre a explicitement cité l’expérience tunisienne en matière d’innovation, d’aviation civile et d’industrie automobile comme des modèles dont le Sénégal entend s’inspirer directement. L’ambition est de structurer des chaînes de valeur transcontinentales, favorisant ainsi le transfert technologique et la mise en place de plateformes communes de certification.

Outre ce partage d’expertise technique, l’appel aux investissements s’est fait précis. Serigne Guèye Diop a identifié quatre secteurs prioritaires ouverts aux capitaux tunisiens : les industries extractives, le domaine manufacturier (incluant le textile, l’automobile et la pharmacie), ainsi que l’agrobusiness. Sur ce dernier point, l’accent est mis sur la transformation locale des fruits, légumes et produits halieutiques pour créer de la haute valeur ajoutée. Cette édition 2026 du forum, qui s’inscrit dans la continuité de celle tenue en Tunisie en 2025, place également la biotechnologie et l’agriculture intelligente au cœur des discussions pour des partenariats durables.

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