Le tourisme à Toubacouta ne fonctionne pleinement que durant six à sept mois par an. Cette saisonnalité réduit les revenus des professionnels et limite l’exploitation des ressources de la commune, située dans le delta du Saloum.
Des acteurs locaux déplorent aussi une réglementation insuffisante. Ils constatent que certains intervenants cumulent l’hébergement, la restauration et le transport, tout en se présentant comme guides touristiques.
La directrice régionale du tourisme de Fatick, Gnima Diédhiou, cite parmi les difficultés le manque de visibilité de la destination auprès des Sénégalais. « Toubacouta est un endroit que beaucoup de Sénégalais ne connaissent pas », a-t-elle déclaré dans un entretien rapporté par l’APS.
Des sites et des routes à valoriser
La commune dispose pourtant de plusieurs atouts. Gnima Diédhiou mentionne la réserve animalière de Fathala, l’île aux coquillages, le site archéologique de Dioroum Boumag et l’île de Sipo. Le delta du Saloum, auquel elle appartient, est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2011 et comprend près de 200 îles et îlots.
Une partie des infrastructures routières est en mauvais état. La responsable régionale décrit certaines liaisons comme difficiles à emprunter. Elle estime également que les richesses naturelles et le patrimoine culturel de Toubacouta restent à mieux mettre en valeur.
La capacité d’accueil constitue un autre obstacle. Sur les 27 réceptifs hôteliers recensés dans la commune, seuls sept respectent les normes requises, selon Mme Diédhiou.
Des données touristiques encore partielles
La fréquentation de la zone reste difficile à mesurer avec précision, car les statistiques disponibles ne couvrent pas l’ensemble des établissements. Dans la région de Fatick, 131 réceptifs sont concernés par la collecte des données, mais sept seulement transmettent leurs chiffres à la direction régionale du tourisme.
En juillet 2026, lors du festival Niuming Badya organisé à Toubacouta pour marquer les quinze ans de l’inscription du delta du Saloum à l’Unesco, Seydou Nourou Kane, chef de la division des sites et monuments historiques, avait également insisté sur l’amélioration de l’aménagement et de l’accessibilité des sites.
Pour soutenir l’activité hors de la haute saison, la direction régionale s’appuie sur les colonies de vacances et les excursions. Des audits ont aussi été menés dans la région pour améliorer la qualité de l’accueil, tandis que Gnima Diédhiou préconise un contrôle permanent des réceptifs hôteliers.
Les hôtels ayant transmis leurs données ont comptabilisé 2 069 arrivées de touristes dans la région de Fatick en 2025.
