À Touba, l’effervescence est à son comble à quelques heures du Grand Magal. Des disciples « Baye Fall » et « Yaye Fall », vêtus de leurs boubous colorés et arborant de longues dreadlocks, s’affairent dans les concessions, mosquées et cuisines pour parachever les préparatifs.
À Keur Serigne Touba, la résidence du khalife général des mourides, ces volontaires ont bâti en un mois une mosquée flambant neuve sur instruction du guide religieux. Les derniers coups de balai et retouches de peinture, rapporte l’APS, sont en cours dans une atmosphère de recueillement, rythmée par les chants dédiés à Cheikh Ahmadou Bamba.
« Notre raison d’être est d’exécuter les instructions du khalife », confie Mame Cheikh Fall, l’un des responsables de la coordination. Les tâches sont réparties avec minutie : certains s’occupent des bovins destinés aux repas, d’autres de la cuisine, de l’accueil ou de l’entretien. « Nous faisons cela tous les jours jusqu’à la fin du Magal », explique Sokhna Khady, une « Yaye Fall » qui nettoie la cour depuis l’aube.
Les anciens, comme Mbaye Ngom, âgé d’environ 80 ans, ne sont pas en reste. Trop âgés pour les travaux physiques, ils apportent leurs biens et conseillent les plus jeunes. « Tout ce que nous possédons, nous le remettons pour le Magal », murmure-t-il.
Pour cette 132e édition qui commémore l’exil de Cheikh Ahmadou Bamba en 1895, des millions de pèlerins sont attendus de par le monde. L’État a mobilisé 50 camions-citernes pour renforcer l’approvisionnement en eau et le président Bassirou Diomaye Faye a visité Touba les 26 et 27 juillet pour superviser les dispositifs sécuritaires et sanitaires.
Des délégations d’une vingtaine de pays sont attendues pour ce pèlerinage qui se tient ce dimanche 2 août.
