Lors des débats récurrents sur l’emploi des jeunes à Thiès, plusieurs acteurs économiques et sociaux défendent la mise en place d’un financement populaire pour appuyer les porteurs de projets, les artisans, les commerçants et les jeunes entrepreneurs. L’initiative est présentée comme une réponse aux difficultés d’accès au crédit bancaire classique dans la région.
Beaucoup de jeunes disposent d’idées d’activités, mais peinent à réunir les moyens nécessaires pour démarrer ou développer leurs projets. Les obstacles évoqués sont les garanties demandées par les banques, le niveau des taux d’intérêt et l’insuffisance d’accompagnement technique. Dans une vidéo relayée par thiesinfo sur YouTube, cette piste est décrite comme un mécanisme fondé sur la mobilisation de ressources locales pour financer des initiatives de proximité.
Le schéma avancé repose sur plusieurs leviers possibles : des contributions citoyennes, des fonds communautaires, des coopératives d’épargne ou encore des partenariats associant collectivités territoriales, opérateurs économiques et diaspora thiéssoise. Pour ses partisans, Thiès présente un terrain favorable à cette expérimentation en raison de son tissu de PME, de l’importance du secteur informel et d’une jeunesse active dans l’agriculture, la transformation alimentaire, le numérique, la couture, le transport et les services.
La question ne porte pas seulement sur l’argent mobilisé. Les spécialistes cités estiment qu’un tel dispositif devra aussi intégrer la formation en gestion, le suivi des activités, le mentorat et l’accès aux marchés. Ces éléments sont présentés comme indispensables pour améliorer la viabilité des projets financés et éviter leur abandon après le lancement.
Au Sénégal, des mécanismes qui s’écartent des critères bancaires classiques existent déjà dans d’autres segments. En mars 2026, Cofina Sénégal avait indiqué avoir débloqué 480 millions FCFA en un an pour des femmes entrepreneures, en ciblant précisément les blocages liés aux garanties formelles exigées par les circuits traditionnels. À Thiès, les promoteurs du financement populaire avancent, eux, une logique communautaire pouvant associer contributions citoyennes, coopératives d’épargne et diaspora thiéssoise.