Face au défi de l’exode rural et du chômage, les initiatives locales se déploient pour offrir des perspectives économiques viables aux populations à la base. Dans la région de Diourbel, la commune de Touré Mbonde applique une approche stricte, conditionnant l’octroi de fonds de développement à l’acquisition préalable de compétences spécifiques par les bénéficiaires.
Une centaine de porteurs de projets ont reçu, ce vendredi, leurs attestations sanctionnant un mois d’apprentissage intensif. Soutenue par le projet Agri-jeunes et coordonnée par la Fédération des organisations de producteurs de Kane-Kane, cette session a couvert des domaines pratiques ciblés : techniques d’embouche bovine, aviculture et commerce de produits locaux. Le cursus intègre également des modules dédiés à la gestion financière et à l’entrepreneuriat en milieu rural.
La logique de ce programme repose sur la sécurisation des investissements. Ibra Kane, maire de Touré Mbonde et président de ladite fédération, insiste sur ce préalable technique. Selon les éléments rapportés par le journal Sud Quotidien, l’édile souligne qu’il n’est pas envisageable de financer ces jeunes sans leur fournir les compétences nécessaires pour mener à bien leurs activités.
C’est uniquement à l’issue de cette formation obligatoire que le soutien matériel et financier est débloqué. Les subventions s’élèvent à 750 000 FCFA pour les profils en phase de formation-insertion. Pour les jeunes entrepreneurs, l’enveloppe peut atteindre, voire dépasser, le million de francs CFA. Cette politique, qui cible aussi bien les diplômés que les jeunes sans qualification, a permis d’accompagner 300 personnes depuis le début du mandat municipal actuel, avec l’objectif de les fixer durablement dans leur terroir.
Sur le terrain, cet encadrement se traduit par des évolutions matérielles mesurables. Toujours selon Sud Quotidien, Mame Diarra Diop, l’une des bénéficiaires du programme, témoigne de l’impact direct de ce dispositif. Formée à l’embouche bovine et appuyée en dotations d’aliments de bétail, elle a vu son cheptel initial de deux bœufs s’agrandir. Une progression qui l’amène aujourd’hui à poursuivre ses activités d’élevage au niveau local et à envisager l’accompagnement d’autres femmes de la zone.