Dans une tribune diffusée par son parti AGIR-Les Leaders, Thierno Bocoum interpelle directement le président Bassirou Diomaye Faye après l’arrestation de manifestants opposés à la révision constitutionnelle.
« Hier, c’est Pastef qui nous a fait descendre dans la rue, à travers la décision inique de ses députés et de leur leader de toucher clandestinement à notre Constitution, mais c’est Bassirou Diomaye Faye qui nous a fait arrêter », écrit le président d’AGIR-Les Leaders, comme le rapporte ndarinfo, jugeant cette « posture incompréhensible ».
Thierno Bocoum relève plusieurs contradictions dans la gestion du dossier par l’exécutif. Selon lui, le gouvernement estime que la proposition de loi est irrecevable à cause des charges publiques qu’elle entraîne, mais accompagne malgré tout la procédure parlementaire, allant jusqu’à déposer des amendements.
Un pouvoir à deux visages
Le leader d’AGIR-Les Leaders dénonce aussi le fait que la coalition présidentielle appelle à manifester contre le projet, alors que des membres de cette même coalition se retrouvent détenus dans les commissariats de Dakar à la suite des manifestations.
Cette nouvelle sortie de Thierno Bocoum fait suite à une analyse qu’il avait livrée le 9 mai dernier sur les aspects constitutionnels du texte. Il y étudiait la compatibilité des articles 73, 74 et 75 de la Constitution pour une éventuelle seconde lecture, estimant que « la balle est désormais dans le camp du Président Diomaye ».
« Quelle logique gouverne une telle situation ? Quel est donc le véritable projet ? », interroge finalement Thierno Bocoum.

