« Ceux à qui on vendait du courant nous vendent aujourd’hui du courant », déplore Thierno Alassane Sall. Lors d’une conférence de presse tenue dimanche 27 septembre 2026, rapportée par Senegal7, le député et leader de la République des Valeurs a dénoncé les difficultés du secteur de l’électricité. L’ampleur du retournement est nette : en 2023, le Sénégal exportait jusqu’à 120 MW vers la Guinée, 60 MW vers la Gambie et 40 MW vers la Mauritanie. Trois ans plus tard, il importe jusqu’à 200 MW depuis la Guinée.
L’ancien ministre de l’Énergie estime que la situation est plus grave que la crise de 2011. Il a demandé des explications sur les investissements réalisés et les capacités de production, tandis que la crise pourrait, selon lui, éclairer les divergences entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Il a écarté la piste du sabotage, déclarant : « Ce n’est pas du sabotage », et mis en cause l’incompétence.
Thierno Alassane Sall a aussi évoqué le risque d’une aggravation des délestages en octobre, avec la hausse de la demande, et critiqué le coût de certaines installations. Pour lui, les difficultés énergétiques dépassent la seule question de la production : dans les localités rurales sans électricité, l’approvisionnement en eau et les conditions d’étude des enfants sont également en jeu. Il affirme que 40 % des localités rurales n’ont jamais eu accès au courant et appelle les autorités à garantir un accès équitable à l’électricité.
Le député a inscrit cet enjeu dans un tableau social plus large, appelant les autorités à faire de la pauvreté, du chômage et de l’accès à l’électricité des priorités. Il a cité un chômage élargi de 22,9 % au premier trimestre 2026 et 34,1 % de jeunes de 15 à 24 ans ni en emploi, ni en études, ni en formation. Il a également critiqué la place prise par les affrontements entre camps politiques dans le débat public, au détriment de ces préoccupations.




