Les coupures d’électricité touchent davantage certaines villes que d’autres, selon Thierno Alassane Sall. L’ancien ministre de l’Énergie estime que Dakar et sa banlieue sont épargnées par rapport à Thiès et à plusieurs localités de l’intérieur.
Dans sa tribune, il critique la gestion politique de la crise et rejette la thèse du sabotage. PressAfrik rapporte également ses chiffres sur l’approvisionnement de la centrale de West African Energy : son fonctionnement au Diesel Oil plutôt qu’au gaz coûterait un milliard de francs CFA par jour, avec des livraisons par camion-citerne. Ce recours au gazole intervient alors que l’exploitation du parc électrique a déjà été compliquée par l’attente du gaz naturel. La panne du FSRU de Karpowership a retiré environ 200 MW du réseau, tandis qu’une avarie a touché une turbine de la centrale de Cap des Biches.
Thierno Alassane Sall estime que les délestages au Sénégal s’inscrivent dans un déficit énergétique qui dépasse, selon lui, les niveaux historiques de la crise de 2011. En août, la demande d’électricité a atteint 1 400 MW, contre 1 250 MW planifiés par la Senelec, soit un déficit de production d’environ 150 MW, près de 11 % de la demande. Il affirme que le pays, exportateur d’électricité en 2023, est devenu importateur net en 2026 et dépend de la Guinée pour un apport de 200 MW, insuffisant à ses yeux pour combler le manque.
La crise nourrit aussi les accusations politiques : Madiambal Diagne a reproché à Ousmane Sonko d’avoir fait reculer le secteur de l’énergie de quinze ans. Thierno Alassane Sall annonce, lui, une prochaine prise de parole consacrée aux décisions politiques qui, selon lui, ont conduit au déficit.


