Le docteur Boubacar Beydi Diarra, gynécologue-obstétricien et chef du service de maternité du Centre hospitalier régional de Tambacounda, fait état d’un recul des cas de fistules obstétricales dans la région. Il a indiqué qu’en cinq ans, le total des cas recensés n’a pas dépassé 35, y compris ceux venus d’autres régions du Sénégal.
Le médecin a précisé qu’un seul cas a été enregistré durant l’année 2025. Pour 2026, aucun cas n’avait encore été recensé au moment de son entretien avec l’APS, accordé à l’approche de la Journée internationale de l’élimination des fistules obstétricales, célébrée chaque 23 mai.
L’hôpital régional de Tambacounda a aussi accueilli deux campagnes de chirurgie en 2022 et 2024, avec l’appui de spécialistes venus de Dakar. Lors de chacune de ces campagnes, une quinzaine de femmes ont été opérées. Le docteur Diarra a ajouté que le taux de réussite des interventions tourne autour de 90%, tout en relevant que certaines patientes présentent encore un risque de récidive.
Cette baisse est liée, selon lui, au renforcement des moyens humains et matériels dans les structures sanitaires de la région. Il a expliqué que l’ouverture de plusieurs blocs opératoires, notamment à Bakel, Goudiry, Koumpentoum et plus récemment à Makacoulibantang, a réduit les délais de prise en charge. Il a aussi annoncé l’ouverture prochaine du bloc du centre-ville de Tambacounda.
Le gynécologue a rappelé que les fistules obstétricales surviennent le plus souvent après un travail prolongé sans césarienne en urgence. Il estime toutefois que certains cas peuvent rester cachés dans la communauté, la pathologie étant perçue comme une « maladie de la honte » par des femmes qui s’isolent parfois de la vie sociale.
Malgré les progrès relevés, le Centre hospitalier régional de Tambacounda ne dispose pas encore d’urologue. Le chef du service de maternité a jugé cette spécialité indispensable pour améliorer davantage la prise en charge des fistules et, plus largement, celle des patientes.