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Talla Sylla dénonce la « trahison des clercs » et appelle à attendre le peuple

Talla Sylla, président du parti Jëf Jël et membre du mouvement Aar Sunu République, répond vertement aux 143 personnalités qui ont publié un manifeste en faveur de la révision constitutionnelle. Dans une tribune diffusée par Xalima, il qualifie leur démarche de « trahison des clercs », en référence au célèbre ouvrage de Julien Benda.

Pour le responsable politique, les signataires issus des mondes universitaire, culturel et médical « prêtent leur plume et leur prestige pour offrir une caution académique à un coup de force parlementaire ». Il les accuse de narguer le peuple « sous le couvert du droit et de la sociologie » et voit dans cet appel le « symptôme tragique d’une époque qui a perdu sa boussole ».

Au cœur de son argumentation, Talla Sylla pose une distinction sémantique majeure. La question n’est pas de savoir « attendre quoi », comme le formulent les soutiens de la réforme, mais « attendre qui ». Sa réponse est sans équivoque : « il faut attendre le peuple, seul et unique souverain ». Selon lui, en voulant contourner le référendum, les promoteurs de la proposition de loi « organisent l’éviction du souverain légitime ».

L’ancien maire de Thiès rappelle également les épisodes historiques invoqués par les 143 signataires, tels que les Assises nationales de 2009 ou le Dialogue national de 2025. Il invite solennellement à ne pas « profaner ces monuments de notre histoire citoyenne » en les utilisant pour justifier une révision adoptée en catimini.

Sur le fond, le président de Jëf Jël ironise sur les « droits-créances » mis en avant par les partisans du texte, comme le droit de savoir lire et écrire ou l’inclusion numérique. Il y voit « le noble vernis des droits sociaux pour faire avaler la pilule amère d’une confiscation de la parole citoyenne ».

Cette tribune est publiée dans un climat de tension croissante. La veille, le mouvement Y en a marre a exigé un référendum et interpellé le président Bassirou Diomaye Faye. L’Assemblée nationale doit examiner la proposition de loi déposée par le groupe parlementaire Pastef ce 29 juin.

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Un commentaire

  1. Talla Sylla lui a détraqué son GPS politique et moral pour se perdre dans l’abîme des opportunistes.

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