Dans le nord de la Syrie, particulièrement dans les zones rurales d’Idlib et d’Alep, des centaines de milliers de personnes déplacées affrontent des conditions hivernales rigoureuses. Malgré les récents bouleversements politiques, ces populations vivant sous des tentes luttent quotidiennement contre le froid et la neige, faute de moyens de chauffage adéquats.
La situation humanitaire demeure critique pour environ un million de personnes réparties dans quelque 1 150 camps, dont la majorité se situe à Idlib. Les revenus précaires des travailleurs journaliers, avoisinant les 272 dollars mensuels, ne permettent pas de faire face au coût du combustible, le prix d’une tonne de bois atteignant 210 dollars. Pour tenter de se réchauffer, les familles brûlent divers matériaux de récupération, exposant les occupants des tentes à des fumées nocives.
Les intempéries fragilisent considérablement les abris de fortune. Ahmed Nasir, installé dans un camp à Kelli, a décrit à l’agence Anadolu la précarité de leur situation : « La tente s’est effondrée sur nous la nuit à cause de la neige. Les enfants n’ont rien eu, mais toutes nos affaires ont été mouillées ». Selon ce résident, les familles ne parviennent à allumer le poêle qu’une ou deux heures par jour, obligeant les enfants à chercher du combustible tôt le matin.
Le quotidien est marqué par une lutte constante pour maintenir les abris debout. Fatma Um Uday, du camp Kurnaz, et Velid Hamvi rapportent devoir sortir plusieurs fois par nuit pour déblayer la neige et l’eau afin d’éviter l’effondrement des structures. Alaa Yusuf, mère de sept enfants à Maarret en-Nasan, qualifie la situation de tragique, soulignant l’impossibilité de retourner dans des villages détruits par les bombardements passés, tout en déplorant l’absence d’aide extérieure significative.


