SUTSAS : les 2 500 recrutements restent loin des besoins, évalués à 18 000 agents

Le recrutement de 2 500 agents de santé annoncé par le gouvernement suscite des attentes dans les structures sanitaires, où les patients font souvent face à de longues attentes. Le Dr Cheikh Tidiane Athie, directeur exécutif de l’ONG ACDEV Sénégal, estime que le manque de personnel se répercute directement sur leur parcours.

Dans certaines zones, des patients doivent parcourir de 15 à 30 kilomètres pour une consultation, indique le Dr Athie. Les urgences, la pédiatrie et les consultations prénatales figurent parmi les services où l’attente peut se prolonger. Dans son analyse publiée par Seneweb, il souligne que l’effet des recrutements dépendra des lieux où les agents seront affectés.

L’ampleur du manque de personnel apparaît aussi dans les effectifs titulaires : la Fédération des syndicats de la santé (F2S) a cité le cas d’un district sanitaire qui, après cinq ans sans recrutement, fonctionne avec moins de 30 % de titulaires. Le secrétaire général du Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale, le Dr Mballo Dia Thiam, met les 2 500 postes en regard d’un déficit de 18 000 agents mentionné dans les documents de planification. Il évoque aussi la croissance démographique, l’ouverture de nouvelles structures et la précarité des agents contractuels. Selon le SUTSAS, des équipes réduites alourdissent la charge de travail et rallongent les délais de rendez-vous.

L’affectation des nouvelles recrues est donc un enjeu pour les structures les plus fragiles. Renforcer une maternité, un service de garde ou un centre de santé en manque de personnel pourrait agir directement sur la prise en charge. Les équipements, les médicaments, les intrants et les conditions de travail comptent également dans le fonctionnement des établissements.

La question porte aussi sur l’accès aux postes. Le Syndicat des Directeurs d’Écoles Privées de Santé (SYDEPS) salue l’annonce, mais alerte sur le risque d’exclure des diplômés légalement reconnus, notamment les titulaires de la Licence en Sciences Infirmières et Obstétricales issus d’établissements privés ou publics habilités. Il demande que le recrutement soit ouvert à tous sans discrimination, afin que le renforcement des effectifs ne laisse pas de côté des professionnels qualifiés.

La F2S réclame pour sa part le respect des engagements de recrutement, dans un contexte de contestation récurrente. Après près de deux mois de suspension de ses mouvements de grève pour favoriser les discussions, elle a donné deux semaines au gouvernement pour répondre à ses demandes concernant notamment l’indemnité de logement, la retraite à 65 ans et les engagements de recrutement. La répartition effective des postes sera donc déterminante, alors que les syndicats dénoncent des besoins persistants dans les districts.

Le collectif « Patients en danger » a salué l’annonce et appelé à sa mise en œuvre effective. Il demande que les agents répondent aux besoins prioritaires des structures et contribuent à améliorer la prise en charge des usagers.

Le directeur des Ressources humaines du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique n’a pas répondu aux sollicitations concernant le calendrier du recrutement, la répartition des agents et l’effet attendu sur les délais de prise en charge.

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