Souleymane Kébé réaffirme la place de choix du Sénégal au Fespaco

Le cinéma sénégalais peut s’enorgueillir d’une place historique au sein du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), mais cette position ne masque pas certaines fragilités. C’est le constat contrasté qui ressort d’une rencontre organisée à Dakar par Raw Material Company, centre pour l’art, le savoir et la société.

Pour le producteur Souleymane Kébé, le Sénégal demeure un « partenaire fort » de l’événement. « Le Sénégal a toujours eu une place de choix dans le FESPACO, je n’ai jamais conçu ce festival sans le Sénégal », a-t-il déclaré, selon l’Agence de presse sénégalaise (APS). Le FESPACO, rappelle-t-il, a accompagné la naissance, l’adolescence et l’âge adulte du cinéma africain et constitue aujourd’hui sa principale vitrine.

Mais au-delà des discours, les professionnels pointent des enjeux très concrets. Angèle Diabang, réalisatrice et productrice, voit dans ce festival un cadre de travail décisif. « C’est un lieu de rencontres où des cinéastes sénégalais sont parvenus à monter de vrais projets », a-t-elle témoigné. De son côté, Clarence Thomas Delgado, cinéaste et scénariste, a rappelé que des figures comme Sembène Ousmane ou Djibril Diop Mambéty n’avaient jamais aligné leurs films en compétition, ce qui explique en partie le retard du pays à décrocher l’Étalon d’or, la récompense suprême. Il a également souligné la nécessité pour le Sénégal d’acheter les films primés, évoquant « quelques faiblesses » dans l’accueil réservé à sa délégation.

Ces difficultés trouvent un écho dans les efforts récents déployés pour structurer la filière. En novembre 2025, la station balnéaire de Ngaparou accueillait la clôture des Ateliers Mambéty, une initiative d’Afric Art visant à soutenir la nouvelle génération de cinéastes africains. Le réalisateur Alain Gomis y avait lancé un vibrant appel : « On a besoin de vos films ». Ce type d’accompagnement, qui a déjà permis d’aider 24 femmes dans la production et plusieurs longs métrages en deux ans, illustre la volonté de consolider l’écosystème cinématographique sénégalais.

Pour Souleymane Kébé, le FESPACO reste un outil indispensable face à l’absence de marché structuré en Afrique. « Il est dur, pour nous cinéastes, de vendre nos films, mais le FESPACO nous aide à obtenir une visibilité pour aborder les distributeurs extérieurs », a-t-il expliqué. Le Sénégal, cofondateur du festival, y participe depuis sa première édition en 1969, alors que le Burkina Faso s’appelait encore Haute-Volta.

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