Le congrès de Pastef annoncé par le président du parti, O. Sonko, pour avril 2026 ne peut pas se tenir parce que les documents réglementaires disent que les textes préparatoires après validation du BP et du CN doivent arriver à la base trois mois avant sa tenue. Bientôt fin février, rien n’a été fait, la base attend toujours. C’est au moins la troisième fois qu’est annoncé le 1er congrès.
Même si, beaucoup de décisions prises vont dans le bon sens, notamment la résistance aux manœuvres du FMI/BM/Agences de notation, un décalage s’opère avec l’analyse que nous écrivions le 24/06/24 :
« Remédier aux urgences réparatrices : Nous devons sérier dans notre camp au plan national et panafricain les urgences dont l’axe est d’abord l’assainissement souverainiste de l’appareil d’État néocolonial dont nous avons hérité suite au vote du peuple…
Gérer les impatiences : L’empressement pour la reddition des comptes par les voleurs ne doit pas faire oublier qu’il s’agit d’une nécessité absolue qui doit se faire dans le respect des lois et procédures consécutives à l’assainissement d’un pouvoir judiciaire qui a été sali par sa soumission à l’ex-autocratie présidentialiste qui a utilisé naguère la CREI pour « régler des comptes » et non pas rendre justice à la demande sociale d’alors… la vraie question est la suivante : LES CONDITIONS OBJECTIVES ET SUBJECTIVES DE LA RÉALISATION DU PROJET SOUVERAINISTE SONT-ELLES ACTUELLEMENT VRAIMENT RÉUNIES ? NON… Ne reflètent-ils pas plutôt à la fois l’état réel calamiteux de la gouvernance néocoloniale et la complexité de l’œuvre de souverainisation de l’État néocolonial dont a hérité le camp souverainiste ? Ne faut-il pas briser l’échine aux libéraux néocoloniaux dans l’État pour ouvrir la nécessaire période de rupture promise ? ».
Et voilà qu’en 2026, ne cessent de s’accumuler les mouvements sociaux des étudiants avec un mort suite à l’intervention policière à l’UCAD, des enseignants et élèves, des personnels de la santé, des mobilisations populaires sur le foncier, des victimes des passifs sociaux, des arriérés de salaires, des indemnités non payées et des crimes répressifs du pouvoir APR/BBY, des manifestations des organisations panafricaines, anti-impérialistes exigeant la rupture des relations avec l’État génocidaire d’Israël, l’audit citoyen de la dette, la cessation des répressions policières, la justice pour les victimes des crimes de sang de l’APR/BBY, etc.
Ne voit-on pas que le réveil en cours des mouvements protestataires sociaux et démocratiques est à mettre en rapport avec ce qui apparaît comme des non priorités pour les masses, voire pire, des sinécures entre nouvelles autorités à coups de « distributions de millions aux footballeurs millionnaires, de billets de pèlerinages religieux, de soukerou koor, de voitures à coups de millions à des députés qui touchent un salaire d’au moins 1 million trois cents milles francs CFA, d’une télévision parlementaire d’au moins trois cents millions CFA, de maintien d’agences qui font doublons avec des ministères, de fonds politiques non réglementés, d’interdictions parfois de manifester, de décisions de justice au profit des travailleurs non exécutées par des patrons véreux, de pratiques politiques clientélistes qui rappellent celles du PS, du PDS, de l’APR/BBY, etc ».
Pendant ce temps, quelle tristesse de constater que les militants de base, mais aussi les masses observent les « querelles de coqs pour des grains de mil » entre « pro-sonko » et pro-diomaye », entre les « pros » président du parti et premier ministre et les « pros » président de la république et ex-Secrétaire Général de Pastef sur l’incroyable question de savoir en 2025/26 QUI sera notre candidat en 2029 ? Quelle inacceptable faute de confondre le Parti avec une confrérie religieuse dans laquelle le choix est entre « serigne Sonko » ou « serigne Diomaye » ? N’est-ce pas une erreur ce cumul des mandats faisant que chaque responsable du parti a une responsabilité gouvernementale ou élective sans se demander comment ceux-ci ou celles-ci peuvent-ils s’occuper du parti ? N’est-ce pas regrettable que Pastef – ses instances dirigeantes (BP, CN), ses mouvements, ses coordinations, ses cellules, commissions – soit mis en berne, inactif, paralysé ? Dans un tel contexte, n’est-ce pas une désolation de constater que « les coalitions » présidées par des libéraux néocoloniaux, dont on avait juste besoin pour affaiblir l’APR/BBY, deviennent le riz de la discorde entre pastéfiens ? Est-ce franchement logique et correct que le premier ministre réunisse le BP à la primature et le président les coordinateurs de Pastef au palais, pourquoi diable ces deux militants, principaux dirigeants et leaders ne se rendent tout simplement pas au siège de Pastef pour réunir nos instances régulières ?
Cette situation concurrentielle personnalisée est en flagrante contradiction avec la position ainsi exprimée par Sonko lui-même et avec laquelle tous les militant(e)s sont certainement d’accord, y compris Diomaye : « Le Sénégal n’a pas besoin de messie ni de héros mais d’une masse critique de citoyens conscients des enjeux de l’heure ». La masse critique résulte de l’élévation du niveau de conscience politique et idéologique des militants afin que chacun sache, pour l’essentiel, analyser, décider, impulser le mouvement des masses vers l’objectif de la souveraineté panafricaine.
L’expérience souverainiste en cours, au-delà de sa nature inédite et complexe, ne peut déraper que par notre propre turpitude qui consiste à se laisser happer par l’appât de l’embourgeoisement par phagocytose progressive par le système néocolonial.
Il faut rétablir le contrôle démocratique du parti sur le gouvernement et sa liaison avec les masses populaires, juges, protecteurs et garants en dernière instance de la justesse de notre politique souverainiste.
C’est le parti qui gouverne à travers le président Diomaye et le premier ministre Sonko et non l’inverse. Sonko et Diomaye doivent passer du « je » au « nous » en remettant au centre la démocratisation de Pastef en surmontant le présidentialisme fortement personnalisé interne au parti et en incluant Diomaye en tant que militant devenu président de la République dans les processus décisionnels du parti.
Il est encore temps de rectifier le tir pour s’occuper de l’essentiel attendu par le peuple dont la continuation de la lutte contre la vie chère, l’emploi des jeunes, la reddition des comptes financiers, des crimes de sang de l’APR/BBY tout en s’auto-appliquant le Jub, Jubal, Jubanti à tous les échelons de l’État dans la gouvernance.
La révolution démocratique souverainiste du 24, pour ne pas être une troisième alternance, doit préparer unitairement dans cette phase de transition imposée par l’état calamiteux des finances publiques léguées par la voyoucratie APR/BBY l’alternative de rupture anti-impérialiste et de transformation systémique portée par nos martyrs, torturés, emprisonnés.
Le congrès est une étape vers la résolution de nos difficultés actuelles et le rétablissement par l’unité, critique, unité du cap commun sur le « projet » de Pastef incarné par le duo Diomaye/Sonko
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