Lors de l’examen du rapport de la mission d’information parlementaire, vendredi 2 octobre 2026, les conclusions des députés ont rejoint celles du ministère de la Santé sur l’absence de risque sanitaire avéré lié aux produits Softcare. Cette convergence referme une partie du débat sur le danger pour les consommateurs, sans effacer les questions de gestion et de contrôle soulevées par l’affaire.
L’affaire remonte à décembre 2025, quand l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP) a alerté les professionnels de santé sur des matières premières périmées présentes dans la fabrication de produits destinés aux bébés, aux enfants et aux femmes. Après avoir ordonné leur retrait, l’agence a ensuite déclaré les produits conformes aux normes de sécurité à la suite d’une contre-expertise. Le ministre de la Santé, Ibrahima Sy, a lui aussi écarté toute irrégularité après les conclusions de l’étude. Pour exposer sa version des faits, il avait convoqué la presse dans les locaux de son ministère et annoncé la création d’un comité ad hoc chargé d’établir et d’analyser les faits.
Le rapport parlementaire confirme que des matières premières expirées étaient présentes sur le site industriel de Sindia. Il relève aussi des manquements dans la gestion des stocks, la traçabilité, les contrôles et la coordination entre administrations. Mais leur présence sur le site ne démontre pas qu’elles ont été incorporées aux produits commercialisés. C’est cette distinction entre une défaillance de gestion et la preuve d’un risque dans les produits mis en vente qui a placé l’expertise, la décision administrative et la communication publique au cœur du dossier.
En mars, Ibrahima Sy avait déclaré que les analyses n’avaient pas mis en évidence de risque sanitaire avéré. Il avait reconnu un problème de qualité lié aux conditions de stockage, tout en précisant que l’utilisation effective des matières périmées dans la fabrication n’était pas établie. Selon lui, la fiche de stocks faisait état d’une dernière sortie en septembre 2024, tandis que le rapport d’inspection évoquait une utilisation jusqu’en septembre 2025.
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La mission d’information parlementaire, dirigée par la députée Khady Sarr, avait commencé ses auditions le 14 janvier 2026. Son travail portait notamment sur le circuit de distribution, le retrait temporaire des produits et leur retour sur le marché, ainsi que sur le respect des normes d’inspection et de contrôle de qualité et les responsabilités éventuelles. La présidente de la mission a indiqué que l’absence d’échantillons des matières concernées avait empêché les expertises scientifiques prévues. Elle a également plaidé pour la création d’une commission d’enquête parlementaire. Le ministre a souligné les points de convergence entre les conclusions des députés et celles du comité ad hoc de son ministère, selon senenews.
Au-delà du contrôle sanitaire, l’affaire a ainsi mis en lumière les difficultés à arbitrer entre expertise, décision et communication lorsque des désaccords institutionnels s’installent. La question ne porte pas seulement sur la conformité des produits : elle engage aussi la fiabilité des contrôles et la capacité des administrations à établir rapidement les faits, alors que le retrait puis le retour sur le marché ont des conséquences pour les consommateurs comme pour l’activité de l’entreprise.
Softcare est la filiale sénégalaise du groupe chinois Sunda International, qui produit des couches pour bébés et des serviettes hygiéniques à Sindia. Le groupe prévoit de nouvelles usines ou des extensions au Ghana, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Bénin, en Zambie et au Kenya. La Société financière internationale lui a accordé un prêt de 50 millions de dollars en 2025, après un financement de 107 millions de dollars en 2023.
Le ministre a annoncé qu’un projet de décret portant sur la fabrication, l’homologation, l’importation et la distribution des produits cosmétiques et d’hygiène corporelle avait été transmis au Secrétariat général du gouvernement.




