Dans les daaras, l’apprentissage du Coran peut aussi être associé à une formation pratique. C’est le message porté par Shaka Babs et Lady Wiko dans leur prochain single, « DIANGAL LEEN ».
Le débat sur les métiers dans les daaras est au cœur de leur démarche, selon lesoleil. Les deux artistes souhaitent que les enfants acquièrent, en plus des connaissances religieuses, un savoir-faire leur permettant de disposer plus tard d’une activité et d’un revenu. Leur plaidoyer rejoint ainsi une orientation désormais portée par les pouvoirs publics pour renforcer l’accompagnement des talibés.
À Médina Baye, le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, Idrissa Samb, a présenté au khalife général, Cheikh Mouhamadou Mahi Ibrahima Niass, le projet Daara-Atelier. Le dispositif doit permettre aux pensionnaires des daaras d’apprendre des métiers utiles à leur insertion socioéconomique, avec l’objectif de former près de 600 talibés par an. Quatre filières y ont été retenues : le froid et la climatisation, la structure métallique, l’aviculture et l’agroalimentaire.
À Kaolack, Idrissa Samb a également exposé les objectifs du programme au khalife général de la Fayda Tidjania, Cheikh Mouhamadou Mahi Niass. Les apprentissages prévus portent sur le froid et la climatisation, la menuiserie métallique, l’aviculture et la transformation agroalimentaire. À Tivaouane, un dispositif de formation professionnelle avait déjà été associé à un financement de 700 millions de francs CFA.
Shaka Babs et Lady Wiko estiment que l’absence de qualification peut fragiliser l’insertion des jeunes issus des écoles coraniques. Selon eux, certains peuvent alors s’orienter vers le maraboutage, la délinquance ou des actes visant à obtenir de l’argent au détriment d’autrui. Le titre wolof « DIANGAL LEEN », qui signifie « Apprenez-leur », place donc la formation professionnelle au centre du message.
Les artistes citent notamment l’agriculture, l’élevage, la maçonnerie et la menuiserie parmi les compétences pouvant accompagner l’enseignement religieux. Ils se réfèrent à des modèles traditionnels de daaras, notamment ceux de la famille Colycounda d’Albadar et de feu Arc Souleymane Sané de Mangoulène.



