« Quand une capitale donne le sentiment d’avoir renoncé à toute autorité. » C’est par ces mots que Serigne Habib Ndaw débute une charge sévère contre l’état de Dakar, dans une tribune qui dresse un réquisitoire contre le désordre urbain. La capitale sénégalaise, selon lui, a atteint un seuil critique où l’anarchie devient la norme.
Circulation chaotique, occupation anarchique des trottoirs, pollution sonore : le constat est accablant. Mais au-delà du décor, l’auteur pointe une réalité trop souvent tue : l’absence dramatique de toilettes publiques oblige de nombreux habitants à se soulager dans la rue, au mépris de la dignité et de la santé publique. Ce diagnostic rejoint les alertes déjà exprimées par des spécialistes. En février 2026, l’ouvrage collectif « Dakar Traces et Horizons » soulignait déjà les fractures d’une métropole asphyxiée par sa croissance démographique et ses problèmes de mobilité.
L’urbanisation sauvage, racine du mal
Pour Serigne Habib Ndaw, le mal vient de loin : des décennies de laisser-faire ont favorisé une urbanisation sans planification, où des quartiers entiers se sont étendus sans règles. Cette analyse fait écho aux inquiétudes exprimées en août 2025 par des urbanistes, qui dénonçaient la nomination d’un clerc notaire à la tête du Service régional de l’Urbanisme de Dakar, craignant des conséquences graves sur la gestion urbaine. Aujourd’hui, la coexistence incontrôlée de voitures, de charrettes, de motos et de piétons transforme chaque déplacement en parcours du combattant.
Face à ce tableau noir, le Sénégalais brandit l’exemple de Kigali, preuve qu’une volonté politique constante peut métamorphoser une capitale. Il appelle à un « Plan national permanent pour l’ordre, la discipline, la salubrité et la citoyenneté », impliquant l’État, les collectivités, l’école, les médias et la société civile. L’enjeu dépasse le seul ministère de l’Intérieur, insiste-t-il.
L’urgence est d’autant plus pressante que Dakar accueillera les Jeux Olympiques de la Jeunesse d’été du 31 octobre au 13 novembre 2026. « Les caméras du monde ne filmeront pas uniquement les compétitions ; elles montreront aussi la ville, son organisation, sa propreté, sa circulation et son niveau de civisme », avertit la tribune relayée par Lactuacho. Le rendez-vous sportif planétaire est fixé au 31 octobre 2026.
