Dans le cadre de la campagne des « 16 jours d’activisme » contre les violences faites aux femmes, ONU Femmes Sénégal et le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (Remapsen) ont initié un atelier sur l’écriture sensible au genre. Ouverte ce mercredi 26 novembre, cette session vise à renforcer les capacités des professionnels des médias dans le traitement des violences basées sur le genre (VBG), avec un accent particulier sur la cyberviolence.
Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, cette rencontre s’inscrit dans une mobilisation collective qui a débuté le 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et se poursuivra jusqu’au 10 décembre. Fanta Sow Ndiaye, chargée de programme à ONU-Femmes Sénégal, a souligné que le lancement officiel de la campagne à Gorée met en lumière les violences numériques, un fléau qui se modernise et se propage rapidement. « Les technologies, qui devraient être des moteurs d’émancipation, deviennent trop souvent des vecteurs d’humiliation, de harcèlement et de cyberviolence, en particulier pour les femmes et les jeunes filles », a-t-elle déclaré.
Le rôle des médias a été identifié comme déterminant dans la perception des violences. Selon Fanta Sow Ndiaye, les choix éditoriaux peuvent soit perpétuer des stéréotypes, soit les déconstruire. « Un titre, une image, un angle, un mot peuvent renforcer un stéréotype ou le déconstruire », a-t-elle affirmé. Elle a pointé certaines pratiques problématiques, comme la minimisation des violences en les qualifiant de « simples drames conjugaux », la remise en cause de la tenue vestimentaire des survivantes ou encore le manque de visibilité des expertes sur les plateaux de télévision. Ces constats font écho à des problématiques internes au secteur, où le harcèlement au travail peut être une préoccupation majeure.
Cet appel à une plus grande responsabilité des médias s’inscrit dans un mouvement plus large de lutte contre l’impunité. La mobilisation de la société civile est un levier essentiel, comme l’a montré une affaire récente où des organisations féministes ont saisi le procureur pour non-assistance à personne en danger. Mme Ndiaye a insisté sur le fait que les plateformes médiatiques et numériques peuvent devenir de puissants outils de sensibilisation et de mobilisation citoyenne. De son côté, Alassane Baldé, coordonnateur du Remapsen Sénégal, a salué cette collaboration, la jugeant conforme aux missions de son réseau dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles.