Sénégal: un collectif demande un moratoire sur la loi sur l’homosexualité

Au Sénégal, une trentaine de personnalités d’origine africaine ont adressé une lettre ouverte au président Bassirou Diomaye Faye pour demander un moratoire sur l’application de la nouvelle loi sur l’homosexualité. Un moratoire désigne une suspension temporaire de l’application d’un texte. Les signataires disent vouloir répondre à un climat de peur, de haine et de violence qui, selon eux, s’est installé dans le pays.

Dans cette lettre publiée dimanche par le quotidien Libération, ils affirment qu’un jeune homme perçu comme homosexuel, « à tort ou à raison », a été poignardé en pleine rue. Ils évoquent aussi d’autres personnes battues, emprisonnées ou rejetées par leur famille et leur communauté. Le Parisien rapporte également que des personnes vivant avec le VIH, y compris des hétérosexuels, n’oseraient plus se rendre dans les centres de santé pour se faire dépister ou se soigner. Les associations qui accompagnaient les publics les plus exposés ne pourraient plus agir dans les mêmes conditions, toujours d’après les signataires.

Le collectif estime que cette situation contredit le panafricanisme de gauche revendiqué par le chef de l’État lors de son élection. Ses membres contestent aussi l’idée selon laquelle l’homosexualité serait étrangère à l’Afrique. Dans leur texte, ils disent que cette thèse ne résiste pas à l’analyse et affirment que les historiens comme les ethnologues africains le savent.

Les auteurs de la tribune mettent également en garde contre la montée de courants qu’ils qualifient de fondamentalistes et violents. À leurs yeux, ces dynamiques fragilisent les sociétés et menacent l’unité africaine en diffusant des idéologies de haine, de division et d’exclusion. Ils appellent donc à traiter ces désaccords par le dialogue, en défendant l’idée d’une même famille panafricaine.

Parmi les signataires figurent notamment l’avocate Alice Nkom, l’ancien rapporteur spécial de l’ONU pour les nouvelles formes de discrimination Doudou Diène, l’essayiste Matthieu Niango, l’animateur radio et entraîneur de football Brahim Naït-Balk et le cinéaste Jean-Claude Barny. Des parlementaires de la Martinique et de la Guadeloupe, ainsi que le président de SOS Racisme Dominique Sopo, ont aussi signé cette tribune.

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5 commentaires

  1. Panafricanisme de gauche , vous plaisantez, le PASTEF est un parti national – populiste, une idéologie d’extrême droite et certainement pas de gauche !!!!!!!!!

  2. La criminalisation de l’homosexualité n’est pas l’affaire de Diomaye ou de Sonko mais la Volonté Unanime de Tout Un Peuple de Soumettre a Un Décret Divin… toutes ces personnes que vous avez citées ne sont pas plus tolérantes que Le TOUT MISERICORDIEUX

  3. Le Maroc a emprisonné INJUSTEMENT d’honnêtes citoyens Sénégalais lors de la can qui parmi vous a signé un moratoire en faveur de ces Gens? qui? mr jean.claude Madame alice, cessez vos fumisteries!

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