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Sénégal : trésorerie exsangue et jeunesse déboussolée, le récit à deux temps du pouvoir

La troisième alternance survenue au Sénégal en 2024 a offert au pays des images d’une rare puissance symbolique. Costumes impeccables, poignées de main devant le palais, prestation de serment solennelle pour un président tout juste sorti de prison : le spectacle politique a été à la hauteur de l’événement. Derrière cette mise en scène étudiée se cache une réalité bien moins reluisante.

Trésorerie exsangue, jeunesse déboussolée, réformes promises qui peinent à être engagées : derrière les images, les urgences sont restées sans réponse. L’analyse de Platon, publiée dans Seneplus, souligne ce « récit biphase » où le discours de rupture se heurte aux contradictions du pouvoir. Le triptyque « Jubb Jubbal Jumbanti » (droiture, diriger, redresser) a vite cédé la place à des réalités prosaïques.

Les symboles forts n’ont pourtant pas manqué, à l’image des opérations d’investissement humain lancées par le président Bassirou Diomaye Faye ou de la réorientation diplomatique vers l’Alliance des États du Sahel. Mais ces initiatives médiatiques n’ont pas détourné l’attention des difficultés économiques et des tensions au sommet de l’État.

La remise en cause des libertés d’opinion et la « chasse à l’irrévérence politique », dénoncées dans plusieurs cercles, ont achevé de brouiller le message de rupture. L’écran de fumée esthétique, entretenu par une communication très rodée, s’est heurté à une crise de confiance grandissante.

Le limogeage de l’ex-Premier ministre Ousmane Sonko, le 22 mai 2026, a mis un terme brutal à cette expérience de dyarchie et exposé au grand jour les fractures internes d’un pouvoir qui n’a pas su concilier ses promesses avec l’urgence des réalités économiques et sociales.

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